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18.09.2007

Coquin de Sort, deuxième partie.

Ecrit le 25 mars 2002

Le sort d'Ines.

Sur les conseils d’un docteur complètement débile, Olivia a donné du Complan à Ines quand cette dernière était bébé. Elle n’en avait aucun besoin. J’avais mes doutes, sachant que les gros bébés font les gros adultes mais on est trop souvent l’esclave du respect exagéré que l’on porte aux docteurs. Je n’ai rien dit. M’aurait-on cru, d’ailleurs ? Ines restera grosse : c’est ancré en elle.

Plus tard, je l’ai vue jouant entre les maisons, dans des courants d’air glacés. Elle avait sur elle plusieurs épaisseurs de vêtements… tous ouverts à la gorge et sur le devant de la poitrine. Pas d’écharpe. Elle a donc fait bronchite sur bronchite pendant sa scolarité. Maintenant, elle en attrape encore avec une facilité surprenante. Dernière de quatre enfants, Olivia n’avait jamais su s’occuper d’un bébé et, agissant par instinct, elle ne réfléchissait pas.

Puis, après avoir quitté l’Armée de l’Air, Ines a rencontré David. Intelligent mais rejeté par sa mère, il était devenu, comme je l’ai longtemps été, un invalide de l’amour, un égoïste naturel, pas méchant mais sans aucune fibre de compassion. David était diabétique et, à chaque fois qu’il grignotait quelque chose, Ines grignotait aussi. De grosse elle est devenue énorme, légèrement diabétique également, tout son métabolisme déséquilibré.
C’est ainsi que les Grecs voyaient les dieux : jouant aux hommes sur l’échiquier de leur ennui. D’autres parlent de Ka ou de Karma, d’autres, plus orgueilleux, plus égocentriques, s’imaginent qu’Allah prend le temps de régler tous les détails de leurs misérables petites vies. C’est fort pratique lorsqu’il s’agit d’opprimer les autres : si ça marche, c’est qu’Allah le voulait ainsi.

Commentaires

Dieu, Allah, de beaux alibis en effet pour justifier tous nos manques.

Pour Allah je ne sais pas, mais pour le Dieu que j'ai appris, s'il est le tout, il est donc aussi cette part à laquelle nous manquons, ces autres que nous opprimons, négligeons, oublions.

J'ai dit aussi cela qu'on est souvent l'esclave du respect exagéré qu'on porte aux docteurs (à tous les laboratoires et à tous les savants). Prudence et circonspection : 1 pastille de chaque dès le lever.

Bonne journée.

Ecrit par : Monique | 18.09.2007