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27.09.2007
L'enterrement de Tante
Enterrement de Tante hier. Quelle comédie ! Tout ayant été arrangé pour samedi, il a fallu qu'Yvette, telle la mouche du coche, se mette en campagne pour que la cérémonie soit reportée au lundi. Et pourquoi ? Pour que Urbain, son diacre de mari, puisse officier. Eux qui venaient peut-être voir Tante deux fois par an alors que je la voyais deux fois par semaine, que je lui faisais ses courses, l’emmenais voir le pneumologue à Saint-Nazaire etc, ont décidé que c’était à eux de tout régenter et de tout organiser. Il ne faisait aucun doute que, dans leur esprit, ils étaient les seuls habilités à s’occuper d’un enterrement, que l’opinion des autres ne comptait pour rien et qu’il était exclu que ces autres y prennent part. Dernière insulte à la mémoire de Tante : la présence d'Urbain. Elle ne le tenait pas en odeur de sainteté, le trouvant, à juste titre, rustre, arrogant, intolérant et dominateur.
Il ne nous déçut pas. Sanglé dans ses resplendissants habits sacerdotaux comme un petit sergent à la parade, il avait tout prévu : chants liturgiques complètement débiles, plus proches de miaulements de chats que tout ce que l’on pourrait décemment appeler de la musique, discours-cliché et lecture de l’évangile et des actes des apôtres par sa femme et sa fille. Passages choisis par lui, évidemment et sans aucun rapport avec les circonstances.
Je suis loin d’être un inconditionnel des rites juifs ou protestants mais, au moins, on y aurait chanté de vrais hymnes sur de vraies mélodies et on aurait demandé à la personne la plus proche de la défunte de prononcer une homélie.
En sortant de l’église, Urbain et Yvette n’ont pas vu l’aide ménagère de Tante qui, comme le publicain de la parabole, se tenait humblement à l’écart mais versait, elle, de vraies larmes. J’ai eu la chance de la remarquer et d’aller lui serrer longuement les mains, la remerciant de tout ce qu’elle avait fait pour Tante. “Je l’aimais bien !” murmura-t-elle. Tante a donc quand même eu droit à son homélie et à quelques secondes de sincérité et de dignité… Il aurait peut-être fallu lire le passage de l’évangile où il est dit que les derniers seront les premiers mais c’est le genre de passage qui dérange les Catholiques car il sent un peu trop le bouddhisme, le sermon sur la montagne n’étant, en fait, qu’une collection de mantras bouddhiques énoncées 500 ans avant le Christ.
Au cimetière, continuation des inepties : clichés, clichés, clichés. Aucun rite émouvant. Personne pour jeter la première poignée de terre sur le cercueil, personne pour y jeter des fleurs. Même les prières du rite anglican me manquaient. “Reçois le corps de ta servante…” “De la terre à la terre…” “La vallée de la mort…” “Promesse de la vie éternelle…” En effet, il ne faut pas confondre rites et clichés. Je préfère la solennité des rites à l’hypocrisie d’une collection de banalités.
Une fois le cercueil descendu dans la tombe, tout le monde, dansant d’un pied sur l’autre, a hésité, ne sachant plus quoi faire puis, en traînant la savate, s’en est allé au restaurant. J’étais heureux de devoir rentrer à Pornic pour récupérer ma voiture avant d’attraper un PV ; Urbain, toujours lui, ayant insisté pour je la mette dans un parking payant alors que Pornic regorge d’emplacements gratuits.
J’aurais pourtant aimé rester seul devant ce cercueil dont d’autres s’étaient servis pour satisfaire leur petite cérémonie d’égoïstes. On aurait cru que je priais. On se serait trompé. Les Catholiques ne comprennent pas la méditation. Pour eux, il faut toujours qu’il y ait un apport ou un report extérieur entre eux-mêmes et le dieu qu’ils se sont inventés avec sa cohorte crypto-polythéiste de trinité, vierge, saints et même anges et démons. Leurs prières sont toujours des dialogues, des louanges, des demandes d’intercession, que sais-je encore ? Ils ne conçoivent pas que nous puissions être là, tout simplement, sans formuler de pensées distinctes, laissant notre esprit s’imprégner de son appartenance, la sienne et celle du cadavre, à cet univers que nous ne comprenons pas mais dont nous faisons partie tous les deux.
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Commentaires
c'est en général aux enterrements que culmine l'hypocrisie !
dan notre famille, d'un commun accord, on va au plus simple ; dieu reconnaitra les siens !
à la cambrousse, on passe pour des malappris, je m'en fiche !
amitiés
béatrice
Ecrit par : beatrice | 01.10.2007


