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28.09.2007
Ile d'Yeu
30 juillet 2002
Retour de l’île d’Yeu. J’avais hésité : devais-je emporter mon appareil-photo ? Je risquais de prendre les mêmes photos que celles de l’année dernière et de la précédente. En fin de compte, je suis content de l’avoir fait. L’île est toujours la même, bien sûr, mais elle change aussi. Au cours de promenades à pied on découvre de nouveaux paysages ou bien les mêmes paysages sous des angles nouveaux ; des luminosités différentes.
Il a fait beau et chaud mais pas trop. En fait, il y avait presque constamment un petit vent du nord qui, au grand désespoir d'Isidore, éloignait les poissons de la rive.
Une semaine sans télé, ordinateur, radio ou même journaux, cela recharge les batteries. Ordre du jour : lectures, musique classique, discussions sans fin, bons repas, balades le long des côtes et le simple plaisir d’être ensemble. Les plaisirs simples ne sont-ils pas les meilleurs en fin de compte ? On se sentait jeunes, tous les trois, insouciants, plein d’une calme joie de vivre.
Je ne me lasse pas du plaisir que me donne Elaine. La voir et la savoir près de moi, vive, souriante, sachant profiter du moment, évoluant dans d’adorables bikinis qui glorifient un corps à faire damner un saint, me donne envie, comme à Lamartine, de réciter : “Oh temps, suspends ton vol et vous, heures bénies, suspendez votre cours !”
Quand Elaine se réveille, ses cheveux coupés très courts se rebellent comme ceux de Dennis the Menace. Ça lui donne un air gamin tout à fait irrésistible. Elle bat des paupières, s’étire, émet un grognement, me donne un grand sourire et se retourne comme pour se rendormir ; or elle a insisté dès le départ pour que je la réveille à huit heures au plus tard. Commence alors une petite bataille pour la tirer du lit. Délicieux moments qui, (j’en suis parfois douloureusement conscient) formeront parmi les meilleurs souvenirs de ma vieillesse toute proche.
Le dernier jour de notre visite, nous nous sommes promenés, les pieds dans les vaguelettes, sur la plage des Ovaires, nom pour le moins bizarre mais peut-être prédestiné puisque c’est là que se rassemblent les nudistes… et les autres car il n’y a ni clôture ni gardes et chacun fait ce qu’il veut. Voir une grosse femme sortir de l’eau et s’essuyer à sa serviette de bain, son abondante toison formant presque comme un slip noir sur son ventre, n’a rien d’excitant. Si l’on ajoute deux outres énormes ballottant à la place des seins, on voit le tableau ! Cependant, assise sur une serviette, jambes passablement écartées, se trouvait une adorable jeune femme aux seins minuscules. Elle pouvait avoir dix-huit ou vingt ans. Longues jambes effilées, ventre plat, visage enchanteur… Elle était tellement belle qu’instinctivement nous nous sommes arrêtés. Son sexe, complètement dépourvu de poils s’ornait de la double ligne rose de petites lèvres légèrement protubérantes. La tête tournée sur le côté, elle parlait à un vermisseau de sept ou huit ans qui semblait être son frère. Quand elle nous vit, elle nous fit un gentil sourire. Malgré l’envie que j’avais de continuer à la contempler, la politesse nous obligea à continuer notre chemin.
Merveilleux instants qui rassurent et qui aident à balayer les souffrances et les déboires de la vie comme on balaye la poussière d’un carrelage pour l’envoyer dans une cour où le vent la disperse !
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