30.09.2007
Notions du bonheur
24 juin 2003
Il y a bien longtemps, à Guelph, dans un petit jeu de société, nous devions tous répondre à la question : “Qu’est-ce que le bonheur ?”. J’avais fait sensation en répondant que, précisément, le bonheur était… une sensation ! En effet, on se sent heureux ou pas !
Les drogues rendent heureux mais il y a un terrible prix à payer en termes de détérioration de l’organisme et du cerveau, sans parler des souffrances dues au manque ou à la réhabilitation.
À l’Ile d’Yeu, je me sens heureux. C’est joli, certes, mais sans plus. La Bretagne regorge de petits ports de pêche tout aussi pittoresques et colorés que Port Joinville ou le port de la Meule ; elle aligne aussi, sur des centaines de kilomètres, des plages ou des falaises magnifiques. Ailleurs, en terme d’impact esthétique, le Lot et la Dordogne, par exemple, sont beaucoup plus marquants. Mais à l’Ile d’Yeu, je suis heureux. J’ai envie de rester. Je suis triste de la quitter.
Pour les humains, beauté, culture, intelligence sont des atouts mais cela ne déclenche pas nécessairement l’amour. Irène avait les trois qualités mais le facteur déterminant, pour moi, fut la façon dont elle se comportait sexuellement, avec imagination, enthousiasme et exhibitionnisme. Je n’ai toujours pas changé à son égard. Elle reste pour moi la femme idéale, parfaite, à qui un homme peut consacrer sa vie sans jamais avoir la moindre envie de connaître une autre femme, sans jamais éprouver le moindre regret.
Tina avait les trois mais il lui manquait la réalisation qu’elle n’était pas seule au monde. Son égoïsme était absolu.
Henriette avait les trois mais ses réticences religieuses et culturelles la limitaient terriblement.
Elaine possède une merveilleuse beauté corporelle et une intelligence dénuée de culture. Elle fait assez bien l’amour tout en ayant encore beaucoup de choses à apprendre mais je ne vais pas répéter l’erreur que j’ai faite avec Olivia. Essayer de changer une femme, c’est la perdre. Elaine est donc loin d’être l’idéal mais quand je pense à elle, quand je la vois, quand je suis avec elle, je me sens envahi d’une grande douceur. De toutes les femmes que j’ai connues bibliquement, c’est celle qui mérite le moins qu’on lui fasse du mal ; viennent ensuite Olivia, Henriette et Irène. Je ne parle pas d'Ursula, victime de ma jeunesse mal dégrossie et de mes maladresses culturelles, tribales et sentimentales. Quant à Tina, je serais tenté de dire qu’elle mérite qu’on lui fasse du mal mais, en fin de compte, elle n’a besoin de personne pour cela car elle est, comme nous tous, sa propre tortionnaire. Le Karma est un boomerang qui revient frapper le lanceur.
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29.09.2007
Accepter le bonheur
22 juin 2003
J’ai vu passer devant chez moi une femme à la silhouette merveilleuse, comme je les aime : mince, élégante, petits seins… et je me suis rendu compte que je faisais régulièrement l’amour avec une femme exactement comme elle. Est-ce si étonnant que, de tous temps, l’homme se soit demandé s’il méritait le plaisir et la douleur, le bonheur et le malheur… et pourquoi ?
La notion bouddhique d’instant éternel m’a beaucoup aidé à accepter le bonheur. J’ai été élevé de telle sorte qu’on se devait de refuser le bonheur. Le bonheur était contenu dans une recette : la chasteté, les rites de la religion catholique, le mariage (chrétien, bien entendu et sans trop s’amuser), les enfants… Ne pas respecter la recette, c’était s’attirer le malheur par réprobation de l’entourage. Quant aux vraies souffrances, elles étaient soit dévaluées ("bien fait pour toi") soit destinées à être offertes à Dieu en espérant que cela nous épargnerait quelques semaines de purgatoire.
Selon le bouddhisme, le bonheur n’est jamais quelque chose que l’on recherche car c’est la recherche qui, en elle-même, apporte la frustration et le malheur. Ceci ne veut pas dire qu’on ne puisse pas mettre des chances de son côté. Il y a une grande différence entre les deux concepts. On peut se donner les chances de trouver le bonheur mais on peut pas le convoquer.
Si, par exemple, on recherche une compagnie féminine mais qu’on ne fait rien pour cela, elle ne nous tombera pas tout cuit dans la bouche mais il ne faut pas en faire une condition sine qua non du bonheur. Il faut aussi glaner et savourer les petits instants de bonheur, n’ayant rien à voir avec la recherche en question, et qui se présentent inévitablement sur le chemin.
Cette sagesse bouddhique aide également à accepter le malheur. Ce malheur semble souvent, comme le bonheur d’ailleurs, un concours de circonstances fortui dans un monde “rempli de bruit et de fureur”. Les atomes s’entrechoquent… ou pas !
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28.09.2007
Ile d'Yeu
30 juillet 2002
Retour de l’île d’Yeu. J’avais hésité : devais-je emporter mon appareil-photo ? Je risquais de prendre les mêmes photos que celles de l’année dernière et de la précédente. En fin de compte, je suis content de l’avoir fait. L’île est toujours la même, bien sûr, mais elle change aussi. Au cours de promenades à pied on découvre de nouveaux paysages ou bien les mêmes paysages sous des angles nouveaux ; des luminosités différentes.
Il a fait beau et chaud mais pas trop. En fait, il y avait presque constamment un petit vent du nord qui, au grand désespoir d'Isidore, éloignait les poissons de la rive.
Une semaine sans télé, ordinateur, radio ou même journaux, cela recharge les batteries. Ordre du jour : lectures, musique classique, discussions sans fin, bons repas, balades le long des côtes et le simple plaisir d’être ensemble. Les plaisirs simples ne sont-ils pas les meilleurs en fin de compte ? On se sentait jeunes, tous les trois, insouciants, plein d’une calme joie de vivre.
Je ne me lasse pas du plaisir que me donne Elaine. La voir et la savoir près de moi, vive, souriante, sachant profiter du moment, évoluant dans d’adorables bikinis qui glorifient un corps à faire damner un saint, me donne envie, comme à Lamartine, de réciter : “Oh temps, suspends ton vol et vous, heures bénies, suspendez votre cours !”
Quand Elaine se réveille, ses cheveux coupés très courts se rebellent comme ceux de Dennis the Menace. Ça lui donne un air gamin tout à fait irrésistible. Elle bat des paupières, s’étire, émet un grognement, me donne un grand sourire et se retourne comme pour se rendormir ; or elle a insisté dès le départ pour que je la réveille à huit heures au plus tard. Commence alors une petite bataille pour la tirer du lit. Délicieux moments qui, (j’en suis parfois douloureusement conscient) formeront parmi les meilleurs souvenirs de ma vieillesse toute proche.
Le dernier jour de notre visite, nous nous sommes promenés, les pieds dans les vaguelettes, sur la plage des Ovaires, nom pour le moins bizarre mais peut-être prédestiné puisque c’est là que se rassemblent les nudistes… et les autres car il n’y a ni clôture ni gardes et chacun fait ce qu’il veut. Voir une grosse femme sortir de l’eau et s’essuyer à sa serviette de bain, son abondante toison formant presque comme un slip noir sur son ventre, n’a rien d’excitant. Si l’on ajoute deux outres énormes ballottant à la place des seins, on voit le tableau ! Cependant, assise sur une serviette, jambes passablement écartées, se trouvait une adorable jeune femme aux seins minuscules. Elle pouvait avoir dix-huit ou vingt ans. Longues jambes effilées, ventre plat, visage enchanteur… Elle était tellement belle qu’instinctivement nous nous sommes arrêtés. Son sexe, complètement dépourvu de poils s’ornait de la double ligne rose de petites lèvres légèrement protubérantes. La tête tournée sur le côté, elle parlait à un vermisseau de sept ou huit ans qui semblait être son frère. Quand elle nous vit, elle nous fit un gentil sourire. Malgré l’envie que j’avais de continuer à la contempler, la politesse nous obligea à continuer notre chemin.
Merveilleux instants qui rassurent et qui aident à balayer les souffrances et les déboires de la vie comme on balaye la poussière d’un carrelage pour l’envoyer dans une cour où le vent la disperse !
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27.09.2007
L'enterrement de Tante
Enterrement de Tante hier. Quelle comédie ! Tout ayant été arrangé pour samedi, il a fallu qu'Yvette, telle la mouche du coche, se mette en campagne pour que la cérémonie soit reportée au lundi. Et pourquoi ? Pour que Urbain, son diacre de mari, puisse officier. Eux qui venaient peut-être voir Tante deux fois par an alors que je la voyais deux fois par semaine, que je lui faisais ses courses, l’emmenais voir le pneumologue à Saint-Nazaire etc, ont décidé que c’était à eux de tout régenter et de tout organiser. Il ne faisait aucun doute que, dans leur esprit, ils étaient les seuls habilités à s’occuper d’un enterrement, que l’opinion des autres ne comptait pour rien et qu’il était exclu que ces autres y prennent part. Dernière insulte à la mémoire de Tante : la présence d'Urbain. Elle ne le tenait pas en odeur de sainteté, le trouvant, à juste titre, rustre, arrogant, intolérant et dominateur.
Il ne nous déçut pas. Sanglé dans ses resplendissants habits sacerdotaux comme un petit sergent à la parade, il avait tout prévu : chants liturgiques complètement débiles, plus proches de miaulements de chats que tout ce que l’on pourrait décemment appeler de la musique, discours-cliché et lecture de l’évangile et des actes des apôtres par sa femme et sa fille. Passages choisis par lui, évidemment et sans aucun rapport avec les circonstances.
Je suis loin d’être un inconditionnel des rites juifs ou protestants mais, au moins, on y aurait chanté de vrais hymnes sur de vraies mélodies et on aurait demandé à la personne la plus proche de la défunte de prononcer une homélie.
En sortant de l’église, Urbain et Yvette n’ont pas vu l’aide ménagère de Tante qui, comme le publicain de la parabole, se tenait humblement à l’écart mais versait, elle, de vraies larmes. J’ai eu la chance de la remarquer et d’aller lui serrer longuement les mains, la remerciant de tout ce qu’elle avait fait pour Tante. “Je l’aimais bien !” murmura-t-elle. Tante a donc quand même eu droit à son homélie et à quelques secondes de sincérité et de dignité… Il aurait peut-être fallu lire le passage de l’évangile où il est dit que les derniers seront les premiers mais c’est le genre de passage qui dérange les Catholiques car il sent un peu trop le bouddhisme, le sermon sur la montagne n’étant, en fait, qu’une collection de mantras bouddhiques énoncées 500 ans avant le Christ.
Au cimetière, continuation des inepties : clichés, clichés, clichés. Aucun rite émouvant. Personne pour jeter la première poignée de terre sur le cercueil, personne pour y jeter des fleurs. Même les prières du rite anglican me manquaient. “Reçois le corps de ta servante…” “De la terre à la terre…” “La vallée de la mort…” “Promesse de la vie éternelle…” En effet, il ne faut pas confondre rites et clichés. Je préfère la solennité des rites à l’hypocrisie d’une collection de banalités.
Une fois le cercueil descendu dans la tombe, tout le monde, dansant d’un pied sur l’autre, a hésité, ne sachant plus quoi faire puis, en traînant la savate, s’en est allé au restaurant. J’étais heureux de devoir rentrer à Pornic pour récupérer ma voiture avant d’attraper un PV ; Urbain, toujours lui, ayant insisté pour je la mette dans un parking payant alors que Pornic regorge d’emplacements gratuits.
J’aurais pourtant aimé rester seul devant ce cercueil dont d’autres s’étaient servis pour satisfaire leur petite cérémonie d’égoïstes. On aurait cru que je priais. On se serait trompé. Les Catholiques ne comprennent pas la méditation. Pour eux, il faut toujours qu’il y ait un apport ou un report extérieur entre eux-mêmes et le dieu qu’ils se sont inventés avec sa cohorte crypto-polythéiste de trinité, vierge, saints et même anges et démons. Leurs prières sont toujours des dialogues, des louanges, des demandes d’intercession, que sais-je encore ? Ils ne conçoivent pas que nous puissions être là, tout simplement, sans formuler de pensées distinctes, laissant notre esprit s’imprégner de son appartenance, la sienne et celle du cadavre, à cet univers que nous ne comprenons pas mais dont nous faisons partie tous les deux.
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26.09.2007
Cruauté institutionalisée
Lors de vacances dans l’Aude et l’Ardèche. J'ai admiré l’austère beauté des châteaux cathares. J’ai été, sept-cents ans après les faits, profondément ému au spectacle du fameux “pré aux cramés”, c’est à dire le “champ des brûlés” au pied du château de Montségur. Je m’étais imaginé, depuis l’enfance, un champ immense où eût été préparé un bûcher longiligne, une chenille de l’horreur… mais la réalité est encore pire. Le “champ des brûlés” est minuscule et le bûcher était carré. Y montèrent volontairement, serrés comme des sardines, 207 croyants cathares qui préférèrent ces souffrances indicibles à l’abjuration. Pendant qu’on allumait les brindilles du soubassement, les “vainqueurs” chantaient l’hymne de la croisade !
À mon retour, j’ai pensé aux personnes que je connais et qui se disent communistes.
L’église catholique a torturé et tué des milliers de personnes. Les Nazis des millions ; les Communistes des dizaines de millions. Si, dans une soirée, quelqu’un annonçait négligemment qu’il est Nazi, ce serait un tollé général, une révulsion, le sentiment que l’on est devant quelque chose d’insupportable… et on ne le supporterait pas. Le Nazi serait jeté dehors sans ménagement. Pourtant, on peut très bien, dans la même soirée, dire que l’on est communiste. Il y aura peut-être quelques regards gênés mais on fera mine de n’avoir pas entendu, on essaiera de changer de sujet de conversation.
S’il est considéré comme révoltant d’appartenir à une idéologie qui a exterminé douze millions d’innocents il est parfaitement acceptable, apparemment, et surtout pardonnable, d’en soutenir une qui a rayé du monde, le plus souvent dans les tortures, soixante-quinze millions d’individus dont le seul tort était de ne pas être d’accord avec le parti politique en place. Pour nos gentils Communistes français de 2007, c’était, sans nul doute, une nécessité historique à moins que, pour reprendre l’expression de Jean-Marie Lepen, il ne s’agisse que d’un “incident” ou d’un “détail” de l’Histoire.
Comment s’étonner du mépris dans lequel nous tiennent les pays qui ont su garder leur dignité en condamnant toujours, et dès le départ, les horreurs communistes au même titre que les horreurs nazies ? On ne se prive pourtant pas de leur donner des leçons de morale…
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25.09.2007
Berlioz et les Compagnons
Aucun rapport ?
Mais si : Curieusement, c’est un peu la même chose que j’ai ressenti en écoutant le Requiem joué selon les instructions précises de Berlioz, avec deux petits orchestres de cuivres, placés comme des satellites, au fond de la salle. Dans les deux cas il s’agit d’un effort artistique, c’est à dire du dépassement de la condition humaine. Dans les deux cas, on sent une angoisse, un défi : nous valons mieux, disent-ils, que ce corps qui se détériore de jour en jour, finira dans la déchéance et la souffrance puis disparaîtra. L’Art est un cri de rage et de révolte. C’est ce qu’il y a de plus important au monde car, sans lui, que vaudrait la simple survie ? Les barbares le savent bien, qui voient en l’Art une gifle, un reproche constant à leur intrinsèque ineptie.
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24.09.2007
Compagnons du Devoir
Nous tombons souvent dans le piège (je n’en suis pas exempt) qui consiste à croire que la civilisation est uniquement le résultat de fonctions intellectuelles : littérature, musique, philosophie, recherche scientifique etc.
Avec Adeline, je suis allé voir l’école et l’exposition permanente, mais toujours changeante, des Compagnons du Devoir, une organisation qui s’occupe de repérer et encourager par tous les moyens les surdoués du travail manuel. Dans le monde paresseux, égoïste et sans pitié qui est le nôtre ces jeunes gens, et quelques jeunes filles, sont sympathiques, travailleurs et enthousiastes. Pour obtenir leur diplôme de Compagnon, ils doivent, en fin d’étude, produire un chef-d’œuvre. On touche alors du doigt et du cœur la continuité quasi mystique entre les grand artistes du passé comme Praxitèle, Fabergé ou Stradivarius et leurs descendants.
Ce sont fréquemment d'anciens élèves Compagnons qui gagnent la récompense du Meilleur ouvrier de France dans leurs spécialités respectives. Ils trouvent du travail chez les plus grands architectes, carrossiers, constructeurs de voiliers de course ou de luxe, restaurateurs de monuments historiques etc… On s’aperçoit alors que ces ouvriers, et leurs homologues dans les autres pays, sont au cœur même de ce que nous appelons la Civilisation.
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22.09.2007
Tous ambassadeurs
Tous ambassadeurs :
Durant ma carrière de prof de français et d’anglais, j’ai eu beaucoup d’élèves juifs. Dans leur grande majorité ils étaient ambitieux à la fois pour eux-mêmes et pour répondre à l’attente de leurs parents. C’étaient des jeunes gens et jeunes filles intéressants, doués d’un remarquable sens de l’humour, y compris la forme la plus subtile et civilisée de l’humour : l’autodérision. Difficile de trouver des élèves plus agréables.
J’ai donc été fort surpris lorsque Adeline m’a dit qu’elle n’aimait pas les Juifs. Cela méritait une explication. Elle avait eu affaire à deux jeunes Juifs pendant sa vie professionnelle. Brillants esprits, ils étaient tous deux montés en grade très rapidement. Courtois, enjoués, serviables quand ils se trouvaient sous les ordres d'Adeline, ils devinrent mesquins et odieux dès qu’ils se retrouvèrent en position d’autorité.
Résultat ? Une personne de plus qui n’aime pas les Juifs. J’ai fait part à Adeline de ma propre expérience mais elle reste blessée et méfiante.
Nous sommes tous, chez nous ou ailleurs, des ambassadeurs de notre religion, de notre nationalité ou de notre ethnie. Nul besoin de se trouver en pays étranger pour avoir les responsabilités d’un ambassadeur. La gentillesse, le sens de l’équité, l’honnêteté rapportent plus qu’ils ne coûtent mais, bien sûr, il s’agit d’un bénéfice différé, un investissement à long terme. Difficile à comprendre pour certains.
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21.09.2007
Doublages
j’ai regardé Certains l’aiment chaud. Je dis bien Certains l’aiment chaud et non pas Some like it hot car, dans la version française, le film y perd beaucoup. Les dialogues ne fusent plus. “You don’t say !” devient “Sans blague !” Le soufflé s’effondre.
Le contraire pourrait être vrai, d’ailleurs ; et pas simplement pour les effets comiques. Dans Le vieux Fusil, la scène admirable de la déclaration d’amour ne passerait pas la rampe en anglais. “Pourquoi me regardez-vous comme cela ?” passerait bien : “Why are you looking at me like this ?” Aucun problème ; mais la réponse : “Je vous aime !” tomberait complètement à plat car il serait impossible de traduire la nuance entre "tu" et "vous" qui crée tout le charme et toute l’intensité dramatique de cette réplique.
Some like it hot a été doublé en français à une époque où l'on faisait cela plutôt négligeamment : traductions approximatives et acteurs qui semblaient plus pressés de rentrer chez eux que de faire du bon travail. Heureusement, les choses se sont bien améliorées ces derniers temps. Un re-doublage des vieux films leur redonnerait vie dans certains cas.
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20.09.2007
Eric Halphen
Ecrit le 11 avril 2002
Sept ans de Solitude d’Éric Halphen.
Résumé : là où, en politique, il y a de l’argent, il n’y a plus ni honnêteté ni loyauté. L'analyse est superbe. On peut être idéaliste au début mais lorsqu’on vous offre constamment des billets d’avion gratuits, des séjours dans des résidences secondaires de luxe, des voitures de fonction, on commence à penser que c’est normal puis, au stade suivant, que cela vous est dû. On l’exige. On trouve insoutenable de n’être pas privilégié ; on se met au-dessus des lois, surtout si on est en mesure de fausser l’application de ces lois. Viennent alors les comptes en Suisse, aux îles Caïman ou au Lichtenstein, puis les compagnies-fantômes, les escroqueries à l’échelle nationale. Cela finit par convaincre une partie de la population que la démocratie n’existe plus. Cela pousse aux extrémismes de tous poils : intégrismes religieux, Communisme, Front National, etc…
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