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30.11.2007
Pornographie et érotisme
Pourquoi tant de DVD pornos (mais pas tous) sont-ils si vulgaires ? Grosses pouffiasses aux seins ballotants et au visage plâtré de fards à bon marché, et qui gardent au lit de ridicules chaussures à talons aiguille, « mecs » qui se comportent avec autant de conviction que s’ils arrivaient au boulot un lundi matin, décors minables, tout semble étudié pour repousser plutôt que pour attirer. Les pubs de ces DVD ne parlent que de « chattes défoncées » et d’ « anus éclatés ». Où est l’érotisme dans tout cela ? Si l’on voulait apporter de l’eau au moulin des adversaires de la pornographie, on ne ferait pas mieux. Et pourtant, il est évident qu’il y a des amateurs de ce genre d’horreur.
Lorsque Anne a épousé Pierre, il ne lui a pas fait l’amour : il l’a baisée en deux temps trois mouvements, exactement comme il l’avait vu faire dans les films pornos violents. Naturellement, elle n’a pas joui alors qu’il s’était attendu, lui, à des hurlements de plaisir comme sur la bande-son de ces DVD. « Il faudra te décoincer, ma petite » lui a-t-il dit au matin de leur première nuit.
Certes, Anne, malgré toutes ses qualités, a été stupide en choisissant un tel homme. Stupide et surtout faible, comme elle l’est encore avec ses deux petits garçons qui la mènent par le bout du nez et feront de sa vie un enfer quand ils atteindront l’adolescence. Le prix de la stupidité est souvent plus élevé que celui du mensonge ou de la perversion. Mais Anne a enfin quitté Pierre et là, il a perdu une perle ; mais il est trop stupide lui-même pour s’en rendre compte.
En effet, Anne, d’après Nathan, fait l’amour avec une passion, une subtilité, une faculté d’invention et un enthousiasme inégalés. Elle est l’une de ces rares femmes qui s’évanouissent parfois durant l’orgasme. C’est la fameuse « petite mort » à laquelle je ne croyais pas vraiment mais qui, apparemment, existe bel et bien. Comme on voudrait pouvoir jouir comme cela soi-même ! Et comme on est loin des « chattes défoncées » qui symbolisent l’érotisme pour les crétins comme Pierre !
PS : Les noms, comme toujours, ont été changés.
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29.11.2007
Créer des emplois
Depuis 1981 nos chers énarques veulent combattre le chômage en “créant des emplois” dans la fonction publique. Or, comme il faut quand même bien payer tous ces nouveaux fonctionnaires, on ne peut “créer des emplois” qu’en augmentant les impôts et donc, le chômage. C’est le vieux problème, niveau Certificat d’Études, de cette foutue baignoire qui se remplit d’un côté et se vide de l’autre.
En fait, on ne peut jamais “créer des emplois”. Nous ne sommes pas dans un monde magique. Par contre, en réduisant à la fois les dépenses de l’État et les impôts, qu’ils soient directs ou camouflés sous les noms de « taxes », « forfaits » ou « contributions », on peut créer les conditions de l’emploi. C’est ce qu’ont fait l’Irlande et à un moindre degré l’Angleterre. C’est ce que font aussi plus ou moins bien et avec des approches spécifiques à leur culture, la Slovénie, l’Allemagne, le Canada et les États-Unis.
Comme dirait Hunter : “Ça marche pour moi !”
10:44 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
28.11.2007
Univers parallèles
Il y a peu, Nathan, l’un de mes amis, est tombé soudainement amoureux d’une ravissante jeune femme du nom de Line. Hier, elle a quitté un mari brutal et égoïste pour s’établir ailleurs avec ses deux enfants. Nathan aussi a quitté sa femme, une femme qu’il respecte beaucoup mais qui, depuis la naissance de leur fille Émilie, il y a de cela vingt ans, ne veut plus faire l’amour avec lui. Nathan a trouvé une chambre chez un vieux couple qui le traite comme leur propre fils. Dans quelques semaines, Nathan et Line espèrent pouvoir vivre ensemble. Jusqu’ici, rien que de très banal. Mais voici l’incident troublant :
Quelques jours après s’être rencontrés, Line et Nathan se sont donné rendez-vous à Bain-de-Bretagne pour nulle autre raison que cette ville se trouvait à mi-chemin de leurs demeures respectives. Ils ont quitté Bain et ont recherché le calme de la campagne. Après avoir commencé à se caresser dans la voiture, ils ont décidé que ce n’était pas satisfaisant. Ils ont donc pris une couverture et ont recherché, à pied, un coin tranquille. Ils sont arrivés devant un château et Nathan a ressenti une extraordinaire impression de déjà vu, bien qu’il eût été absolument certain de n’être jamais allé en cet endroit.
Quittant le château, ils se sont quelque peu enfoncés dans la forêt qui l’entoure et ils ont fait l’amour sous un arbre.
Nathan est venu me rendre visite hier. Il adore Bestial*. Je lui ai dit par hasard que le château qui, dans le roman, avait inspiré celui de Toutcouleur était celui de la Noë Saint-Yves à Bain-de-Bretagne. Les bras lui en sont tombés.
Non seulement il avait “reconnu” le château d’après les descriptions de Bestial mais, comme Émile et Véronique, Line et lui avaient fait l’amour pour la première fois dans le parc de ce même château.
Y a-t-il des univers parallèles ?
*Pas en librairie, malheureusement : disponible seulement sur www.pawedit.com
Je n'ai pas réussi à trouver de photo du château de la Noë-Saint-Yves sur le net. Si vous avez plus de chance que moi, n'hésitez pas à me l'envoyer. Merci
07:46 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.11.2007
Passer à côté...
“On passe souvent à côté de l’amour parce qu’il ne correspond pas à ce qu’on avait imaginé”. Citation d’un grand philosophe ? Non : scénaristes d’Ally McBeal !
C’est profond, pourtant. Au lieu de se morfondre devant des portes fermées, il vaut mieux passer par celles qui sont ouvertes, même si elles ne sont pas celles auxquelles on s’attendait. Encore faut-il qu’il y ait une véritable attraction physique. Mais alors on pénètre dans des jardins enchantés, insoupçonnés et on peut y trouver un bonheur imprévu.
14:49 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.11.2007
L'âge d'Or
On a souvent l’impression que le passé, même le passé récent, était un âge plein d’innocence. Les années 50 par rapport aux années 60, par exemple. Ce n’est qu’une impression, bien sûr, car on oublie facilement à quel point les années 50 pouvaient être sexuellement répressives, à quel point elles symbolisaient les retranchements des riches contre les pauvres, des adultes contre les enfants, des hommes contre les femmes et des races les unes contre les autres. Tout était figé. On étouffait. On avait l’impression d’être dans un autoclave. Le couvercle de l’autoclave a sauté en 1968 mais on est immédiatement tombé d’une tyrannie à une autre. Au lieu de réformer une société quelque peu arthritique et asthmatique mais fondamentalement saine et fonctionnelle, et qui avait simplement besoin de respirer (ou besoin d’huile dans les rouages si on veut changer de métaphore) on a cru qu’il était nécessaire de tout détruire ; un peu comme si, dans une voiture, au lieu de passer d’une alimentation par carburateur à une alimentation par injection électronique, on avait décidé que tous les éléments du moteur, y compris les plus fondamentaux, devaient être remplacés ; l’important, pour les soixante-huitards, n’était pas que les défauts de la société soient prudemment ciblés et guéris, mais que tout soit condamné, sans se préoccuper de la qualité du remplacement. Nous souffrons encore des résultats : délinquance et criminalité galopantes, élèves de collèges illettrés, élèves de lycées incultes.
Aux État-Unis, et puisque je viens de mentionner les voitures, le contraste entre les années 50 et 60 fut renforcé par le comportement de ces voitures. Celles des années 50 étaient puissantes, fiables et silencieuses. Elles ne rouillaient pas ou très peu. Leurs défauts ? Les sièges manquaient d’ergonomie, le freinage était mou et la tenue de route précaire. Celles des années 60, puis 70, étaient des paquets de merde qui tombaient toujours en panne et dont la carrosserie disparaissait à vue d’œil sous les attaques de rouille. Les Japonais et les Allemands en ont profité pour envahir le marché et ils ont eu raison. Il y a encore, de nos jours, davantage de voitures américaines des années 50 en état de fonctionner qu’il n’y en a pour les trente années qui ont suivi. Au lieu d’améliorer les voitures des années 50, on a repensé tout le concept de la voiture. Résultat : désastre !
Oldsmobile 88 millésime 1956. La mienne était un modèle coupé 4 portes, vert foncé. 3L50 V8, 4 vitesses automatiques. Consommation très raisonnable à cause de cette 4ième vitesse en surmultiplié : 10L aux cents. Silence remarquable.
L’âge d’innocence n’existe pas ; pas plus que l’âge d’or. Ne ferions-nous pas bien de considérer que l’époque où nous vivons sera un jour perçue comme un âge d’innocence ? Ne ferions-nous pas mieux d’en accepter les défauts tout en profitant de sa « substantifique moelle » ?
Dans ma vie personnelle, j’ai, vis à vis du passé, une conception radicalement différente de celle qui consiste à regretter un «âge d’or » mythique. Aucune nostalgie. Certes, je regrette les occasions perdues, surtout dans les domaines de l'amour et de l'amitié. Dans les autres domaines, le domaine financier, par exemple, on ne peut jamais être sûr que telle ou telle décision eût effectivement rapporté plus d’argent qu’on en a eu. Impossible de regretter quoi que ce soit. Je ne vois pas en moi-même un quelconque âge d’innocence. J’ai passé la plus grande partie de ma vie à m’échapper de la cage d’erreurs, de préjugés, d’aveuglement et d’ignorance où m’avaient enfermé mes parents : un auto-accouchement des plus pénible, sans recours possible à une césarienne. Certains de ces aveuglements n’étaient pas de leur faute. D’autres l’étaient, un peu comme ceux de l’église catholique dont le but ultime était de conserver le contrôle psychologique des ouailles.
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25.11.2007
Beauté
Qu’est-ce que la beauté ? Excellent sujet de dissertation au Bac philo ! On a tout dit et tout écrit là-dessus. Pourquoi les animaux sont-ils incapables d’apprécier un vaste paysage ou un magnifique coucher de soleil ? Pourquoi les dromadaires ou les orangs-outans mâles sont-ils attirés par les dromadaires ou les orangs-outans femelles ? Se peut-il qu’il s’agisse seulement de leur odeur, de ces fameuses phéromones dont on parle tant en ce moment ? Pourquoi, dans ce cas, les paons et les faisans mâles sont-ils si beaux (même pour nous), si ce n’est pour attirer les femelles par autre chose que l’odeur ?
Un paysage est-il beau en lui-même ou a-t-il besoin d’être regardé pour le devenir ?
Je pense qu’il est beau en lui-même mais que les animaux n’en sont pas conscients ; les sombres brutes de l’espèce humaine non plus. Lorsque nous réagissons à la beauté d’un paysage, d’un animal, d’un autre être humain ou à celle des réalisations humaines : ponts, cathédrales, temples ou avions, c’est que nous avons saisi, un peu, beaucoup ou passionnément, ce qui fait l’essence de ce pont, de cette cathédrale, etc… Nous nous identifions à ces manifestations techniques ou artistiques. Plus nous avons conscience de faire partie de l’univers, plus nous savons vibrer au spectacle ou à l’audition de tous les aspects de cet univers. Cette vibration qui nous identifie à autre chose qu’à nous-même, c’est la beauté. La beauté de l’univers ne se manifeste pas à tout le monde car ce n’est pas tout le monde qui peut, ou même qui veut, en être conscient, mais elle est réelle. Si le spectateur refuse de faire le premier pas, cette beauté ne se révèle pas à lui mais elle est bien là pourtant, prête à se révéler. C’est cela aussi, l’Éveil bouddhique !
13:48 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.11.2007
Karma
Le Karma affecte-t-il aussi les animaux ? Si T2, le chat semi sauvage qui s’est réfugié chez moi se laissait attraper, je pourrais lui enlever ses tiques et le faire vacciner, mettant ainsi de meilleures chances de survie de son côté. Sa peur maladive n’est pourtant pas de sa faute : il a simplement été « apprivoisé » trop tard. Parmi les malheurs qui nous arrivent, combien sont les conséquences d’actions ou d’inactions dont nous ne sommes absolument pas conscients ?
Voilà 6 ans que T2 m'a choisi comme cantine. Il refuse toujours d'entrer chez moi et ne se laisse caresser que lorsqu'il a vraiment, VRAIMENT faim !
20:21 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
23.11.2007
Le réservoir
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22.11.2007
Petit Jean II
08:43 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La légende de Petit Jean
Vers la fin du XVII° siècle, les gens d’armes (comme on les appelait alors) conduisirent une rafle des prostituées de Paris. Elles furent embarquées pour la Louisiane afin de rompre la solitude des soldats des différentes garnisons, surtout ceux des forts isolés comme Fort Smith ou Ouachita. L’Arkansas faisait alors partie de la Louisiane. Les filles finissaient assez souvent par épouser un soldat, un fermier ou un chasseur.
L’une d’elles, qui a toujours insisté sur le fait qu’elle avait été prise dans la rafle par erreur, a réussi à se déguiser en mousse et s’est présentée au capitaine sous le nom de Jean. Comme elle était fluette, elle fut rapidement surnommée Petit Jean.
Arrivée à la Nouvelle Orléans, son secret fut éventé et le gouverneur décida d’en faire sa maîtresse. Petit Jean réussit à s’enfuir et à s’embarquer, toujours comme mousse, sur un bateau qui remontait le Mississippi, puis l’Arkansas. Furieux, le gouverneur lança un autre bateau à sa poursuite.
Presque rattrapée, Petit Jean débarqua à Merrylton, grimpa sur le plateau qui domine la rivière à cet endroit et, poursuivie par les soldats, s’enfonça dans la forêt.
Quelques jours plus tard, ces mêmes soldats retrouvèrent son corps. Elle était morte de soif et d’hypothermie.
Cette histoire a beaucoup ému la population et, quand l’Arkansas devint le 25ième État de l’Union en 1820, il fut décidé que ce plateau deviendrait un parc national et qu’il s’appellerait Petit Jean State Park.
L’histoire ne s’arrête pas là. Au début du XVIII° siècle, un certain Abbé Prévost s’en serait inspiré pour écrire… Manon Lescaut !
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