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06/01/2008

Apparences

J’ai revu une ancienne collègue hier soir. Elle a quatre-vingts ans et, bien qu’encore debout et capable de se débrouiller toute seule dans son appartement, elle est en train de mourir doucement à la fois de diabète et d’insuffisance rénale. Elle a déjà fait savoir à l’hôpital qu’elle refuserait les dialyses. Elle n’acceptera que les antalgiques. Elle veut mourir avec dignité et en possession de ses moyens. Elle n’a jamais été jolie mais son visage est maintenant empreint d’une véritable noblesse. Charline a deux fils, et le contraste entre les deux m’a toujours fasciné.

Henri enseigne dans un établissement pour enfants physiquement et mentalement handicapés. Il « se donne » beaucoup et le fait savoir. Il a épousé une jeune femme très intense, très dévouée, très politiquement à gauche et toujours en train de se plaindre de ceci ou de cela. Ne pouvant avoir d’enfants, ils en ont adopté deux (handicapés mentaux, naturellement). Leur vie est un modèle de dévouement mais ils sont pauvres, ils sont pleins d’amertume et Henri, par des moyens détournés et une bonne dose de chantage psychologique, ne perd jamais une occasion de soutirer de l’argent à sa mère. Après tout, lui, sa femme et ses enfants représentent une “grande cause”, n’est-ce pas ? Charline voit toujours arriver Henri avec appréhension car même lorsqu’il n’a pas besoin d’argent, il lui casse la tête avec ses jérémiades.

Aubert, par contraste, a longtemps été homosexuel. Il a un bon travail dans un bureau et se rend régulièrement en Thaïlande. Au début, c’était pour se taper des ados puis, par hasard, il est tombé amoureux… d’une femme ! Il a donc viré sa cuti dans le sens homo/hétéro. Sa femme est relativement aisée ; lui-même a un bon salaire. Résultat : il aide sa mère quand elle en a besoin : une nouvelle cuisine, des réparations de voiture etc. Charline voit toujours arriver Paul avec plaisir car même s’il est vrai qu’il vient parfois pour l’aider financièrement, il vient surtout pour lui apporter son soutien psychologique et son affection.

Henri et Aubert me rappellent irrésistiblement l’épisode de Marie-Marguerite et Marie-Madeleine dans l’Évangile, ainsi que la parabole du Pharisien et du Publicain, sans oublier la fable de La Fontaine : Le Songe d’un Habitant du Mogol.

Jadis certain Mogol vit en songe un Vizir
Aux champs Elysiens possesseur d'un plaisir
Aussi pur qu'infini, tant en prix qu'en durée ;
Le même songeur vit en une autre contrée
Un Ermite entouré de feux,
Qui touchait de pitié même les malheureux.
Le cas parut étrange, et contre l'ordinaire :
Minos en ces deux morts semblait s'être mépris.
Le dormeur s'éveilla, tant il en fut surpris.
Dans ce songe pourtant soupçonnant du mystère,
Il se fit expliquer l'affaire.
L'interprète lui dit : Ne vous étonnez point ;
Votre songe a du sens ; et, si j'ai sur ce point
Acquis tant soit peu d'habitude,
C'est un avis des Dieux. Pendant l'humain séjour,
Ce Vizir quelquefois cherchait la solitude ;
Cet Ermite aux Vizirs allait faire sa cour.

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