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13.01.2008

18 juin

Ecrit le 18 juin 2006

Un an après la bataille de Waterloo, dont c’est aujourd’hui l’anniversaire, les Anglais envoyèrent des équipes récupérer les ossements des milliers de soldats qui s’étaient gaillardement étripés sur cette “morne plaine”. On connaissait depuis peu l’utilité du phosphore dans le phénomène de régénération des sols. Les os, riches en phosphore, furent réduits en poudre et servirent d’engrais.

Avec Jeanne d’Arc et Henry V, on était passé des guerres de conquêtes purement territoriales aux guerres nationalistes. Charles VII, lâche, veule mais aussi intelligent qu’un dictateur “moderne”, avait fort bien compris que, les mentalités ayant changé, le concept de nation était devenu plus important que celui de royauté. Il ne pardonna pas à Jeanne d’avoir été le symbole mythique de ce changement. Il la laissa tomber comme une vieille chaussette, quitte à reprendre la guerre contre les Anglais quelques années plus tard et à les battre à plate couture à Castillon.

Avec les coalitions contre Napoléon, nous voyons poindre le cauchemar des guerres idéologiques ; l’obsession anglo-austro-prusso-russe n’étant pas de conquérir la France en tant que territoire mais d’y rétablir un régime politique conforme à leurs valeurs et à leurs traditions à eux.

Imposer ou se défendre ? Attaquer ou se libérer ? Un autre 18 juin, 91 ans après celui de Waterloo, quelle grandeur, tout de même, dans cet appel du général de Gaulle, appel qui combinait la reconnaissance du territoire à l’idée de patrie, c’est à dire de creuset du patrimoine et de la civilisation française avec sa dimension, idéologique : le retour à la démocratie et à la civilisation !

Pour combien de temps encore ?