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27.01.2008

Epouser ou pas ?

Ecrit le 4 septembre 2006

Aurais-je ou n’aurais-je pas dû épouser Valentine ? Voilà l’une des grandes questions de mon insignifiante existence, question à jamais destinée à rester sans réponse.

Valentine était belle. Son fin visage, incroyablement mobile, dégageait une aura d’aristocratie sans le moindre mépris ou la moindre morgue.

Elle était grande et mince avec des jambes élégantes et une peau merveilleusement blanche. Avant de la rencontrer, j’appréciais surtout les peaux légèrement bronzées et je ne comprenais pas la fascination médiévale pour les peaux blanches. Les historiens et les sociologues nous disent que la peau blanche signifiait que la femme ne travaillait pas aux champs et donc qu’elle était riche. Il y a certainement du vrai là-dedans mais il ne faut pas non plus sous-estimer les préférences esthétiques de nos ancêtres. Valentine m’a fait apprécier cet esthétisme. Elle était irlandaise. Si je me laissais aller à une sorte de dérive poétique (pourquoi pas, après tout ?) je dirais que cette peau, mais aussi la couleur gris-bleu de ses yeux évoquaient pour moi de grandes plages désertes et mélancoliques, balayées par le vent sous un mouvant éboulis de sombres et lourds nuages.

Valentine était juriste dans un grand cabinet de Toronto. Elle lisait. Elle écoutait de la musique classique. Elle avait de la conversation sans jamais se laisser aller à raconter ce qui se passait au bureau.

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Mairie de Toronto

Elle m’a quitté parce que je ne voulais pas l’épouser.
Pourquoi ai-je refusé ? Ai-je eu tort ou raison ?

Dans l’ensemble, je dois dire, même si cela me fait mal, que j’ai eu raison.

Les arguments en faveur d’un mariage étaient évidents : j’avais une liaison avec une femme qui était belle, intelligente et aimante. Que désirer de plus ?

Elle avait six ans de plus que moi. Elle aurait donc aujourd’hui 73 ans. Et alors ? Beaucoup de femmes de cet âge ont su rester belles. Valentine était bien partie pour le rester. À 72 ans, ma sœur Adeline est encore très belle.
Enguerrand a épousé une femme qui a six ans de plus que lui. C’était en 1966. Ils sont toujours ensemble ; c’est donc que, quelque part, ça a marché.

Je n’étais pas prêt. Quand un homme dit cela, c’est généralement pour indiquer qu’il n’est pas prêt à la fidélité, aux contraintes que représentent les enfants ou au fardeau d’un prêt immobilier. Pour moi, ce manque de préparation était psychologique : non seulement je ne savais pas aimer mais je ne savais même pas à quel point il est nécessaire d’aimer. Je savais encore moins comment m’y prendre. Puisque j’avais des principes de politesse et d’honnêteté, et que mes collègues et connaissances me trouvaient sympathique, je devais être un peu comme un agréable glaçon. Comment aurais-je pu la rendre heureuse ?

Alors, le bilan ? J’ai eu raison mais je regrette le mal que je lui ai fait en refusant sa demande en mariage. J’aimerais la revoir pour lui demander pardon.

Commentaires

Quelle belle analyse de soi. Mais je crois qu'en Amour il faut bien analyser le bien fondé de l'engagement. Je comprends que tu puisses en souffrir aujourd'hui, mais au moment de la demande de Valentine tu n'étais pas prêt. Peut-être que l'image de ta première épouse était toujours présente et je ne pense pas que la différence d'âge soit une bonne excuse(dans mon cas personnel nous avons 5 ans d'écart et c'est moi l'ancien avec mes 66 printemps). Prends ton courage à deux mains et lance toi pour la retrouver si tel est ton désir.
Bien amicalement,
Michel

Ecrit par : Michel | 27.01.2008

bonsoir !!!
écrit en septembre 2006 !!!! as-tu réussi à la retrouver ??? il n'est jamais trôp tard pour demander pardon
bonne soirée
bernadette

Ecrit par : bernadette | 27.01.2008