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29.01.2008

La schizophrénie de l'émigré

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Hollywood Bowl : une salle de concert en plein air à Los Angeles où Nathan aimait aller écouter de la musique classique. L'acoustique est digne de celle d'un théâtre grec ou romain.

Il n’est pas heureux dans son pays. Il le quitte pour un autre. Au début, il y est plus heureux puis, peu à peu, les désavantages du nouveau et les avantages de l’ancien se précisent dans son esprit. Il retourne chez lui. Et là, catastrophe : il s’aperçoit qu’il avait oublié à quel point son pays natal était pénible, sans avenir et sans dimension, tout au moins en ce qui le concerne.

C’est ce qu’a fait mon cousin Nathan. Parti, un peu le nez au vent, à Los Angeles, il s’y était fait une bonne petite vie, avec un bon salaire, dans un cadre qui lui plaisait. Peu à peu, comme un cancer, s’est développée en lui la nostalgie de la France. Il y est revenu en vacances. Il y est tombé amoureux d’une femme qui a voulu affirmer sa supériorité et sa domination en refusant absolument d’aller aux Etats-Unis avec lui. Il est resté. Depuis, il vit une autre nostalgie en compagnie d’une épouse exigeante et acariâtre, aussi jalouse de l’Amérique qu’elle le serait d’une maîtresse. Il fait déprime sur déprime. Il est perclus de maladies psychosomatiques, comme il arrive si souvent lorsqu’on se sent pris au piège. Il conduit lugubrement une Chrysler, douloureux rappel de son rêve envolé qu’il chouchoute comme un ulcère ou (sans jeu de mots) comme une auto-flagellation.

Nathan (pas le même) a quitté une femme intelligente, élégante et belle mais qui ne voulait pas faire l’amour avec lui. C’était l’Europe. Il a découvert Anne jeune, jolie comme un cœur, aimante, chaleureuse et érotique. C’est l’Amérique (ou le Pérou, comme on disait jadis). Peu à peu, la nostalgie de sa première femme le ronge. Va-t-il commettre l’irréparable et retourner en Europe ?