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13/02/2008

Talent

Don Marquis : « Attendre qu’un recueil de poèmes soit publié, c’est lancer un pétale de rose dans le Grand Canyon et attendre l’écho de l’impact. »

Nous assistons à deux phénomènes, à la fois parallèles et opposés.

D’une part, les communications instantanées sur toute la planète font que l’on découvre de plus en plus de gens qui ont du talent. J’en devins conscient dans les années 60 en allant voir Send me no flowers et The gazebo joués par une troupe d’amateurs qui se décrivaient eux-mêmes comme « le petit théâtre » à Guelph. Quelques années plus tard, j’ai revu The Gazebo (en français "Jo"). Le personnage principal était joué par rien moins que Louis de Funès. C’était douloureusement nul. On avait honte pour lui.

J’ai vu Oliver joué par des lycéens. Je n’ai pas encore vu le film de Roman Polanski mais les lycéens étaient meilleurs que les acteurs de toutes les autres versions filmées que j’ai pu voir.

Je suis allé voir Who’s afraid of Virginia Wolf joué par des étudiants en art dramatique de Duquesne University. Après cela, la version Richard Burton/Elizabeth Taylor est insoutenable de médiocrité et de cabotinage.

Bien sûr, ce n’est pas toujours le cas. J’ai quitté la salle au milieu de USA et de Midsummer Night’s Dream joués par des amateurs mais il n’en reste pas moins qu’il y a énormément de personnes pleines de talent dispersées dans le monde « ordinaire ».

Si ce que l’on peut dire des acteurs et metteurs en scène s’applique également aux écrivains, alors il faut admettre qu’il n’y a jamais eu autant de poètes et de romanciers de talent.

Deuxième volet, contradictoire celui-là : on n’a jamais publié autant de nullités. Les éditeurs sont les premiers coupables. Ils pensent qu’ils ont de bonnes antennes lorsqu’il s’agit de découvrir un auteur qui se vendra mais, de leur propre admission, ils se trompent en moyenne trois fois sur quatre. Par contre, ils ont de fort mauvaises antennes lorsqu’il s’agit de dépister le talent. Ils se rabattent sur des formules. Ils font une crise d’urticaire s’ils repèrent un point-virgule dans un manuscrit. Ce n’est là qu’un exemple parmi des dizaines d’autres. On en arrive rapidement au roman-formule, au roman-recette écrit par un robot. Ce sont les poulets aux hormones de l’édition. À quand le retour de la bonne bouffe ?

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