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21/02/2008

Moqueries

On se moque beaucoup de Freud et de ce qui est vu comme ses obsessions : la sexualité et la mère. On se moque donc aussi (mais de quoi ne se moque-t-on pas ?) de la recherche, pour les hommes, d’une deuxième mère chez leur compagne, comme si cette recherche était incompatible avec l’érotisme.

Le sociologue Philippe Brenat insiste sur l’importance du premier amour. Consciemment ou inconsciemment, cet amour nous affecte pour le reste de notre vie. Dans les sociétés qui ont précédé la civilisation (caractérisée par la spécialisation des tâches) c’est à dire il y a 10.000 ans dans certaines régions et seulement 200 ans ailleurs, l’espérance de vie moyenne à la naissance était de 5 ans. Si l’on atteignait cet âge fatidique, l’espérance de vie était de 14 ans et enfin, si l’on arrivait à 14, on pouvait espérer atteindre l’âge vénérable de 35 ans.

Même au XVII° siècle, en France, dans un contexte hautement civilisé, l’homme de 50ans était, comme on le voit dans les pièces de Molière, un « vieux barbon ». Pas étonnant, dans ce cas, que le premier amour fût le bon. C’était une nécessité biologique car ce premier amour risquait fort d’être aussi le dernier. Les suicides dus au chagrin d’amour étaient fréquents dans les campagnes, campagnes où vivait 90% de la population. Une jolie fille dans un petit village était souvent la seule jolie fille. Si on la « loupait », il n’y en avait plus d’autre.

La longévité dont nous jouissons à notre époque, liée au phénomène de surpopulation (une de perdue, dix de retrouvées) n’a pas altéré les élans fondamentaux des adolescents. On peut d’ailleurs très bien faire abstraction de cette surpopulation et des possibilités qu’elle nous offre pour ne tomber amoureux que d’une seule femme. Ce n’est pas si rare.

Il ne faut pas se moquer des premières amours. Les ados découvriront par eux-même que, de nos jours, on passe par plusieurs vies. Même si les premières amours nous affectent profondément et, dans la plupart des cas, impriment en nous des critères indélébiles d’esthétisme et d’érotisme, nous redécouvrons la vie tous les vingt ans.

Lorsqu’on se moque de Freud, des premières amours et de bien d’autres choses encore, on expose, comme l’avait vu Bergson, la liste de nos propres frayeurs.

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