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31.03.2008
L'arbre de l'amour
L’amour est comme un arbre.
Les racines sont une conviction profonde qui ne peut mourir que lors d’une grande sécheresse ou d’une tempête… Le sol où elles s’enfoncent peut être meuble ou solide, fertile ou aride, sec ou bien arrosé : cela dépend à la fois du hasard et des jardiniers !
Le tronc, c’est la partie visible, c’est la charpente, c’est ce qui attire le regard des autres mais c’est aussi l’écorce qui protège du regard des autres.
Les feuilles sont les interactions de la vie de tous les jours : la voix, les rires, les regards, les balades, les repas, tout ce qui est accompli ensemble, les plaisirs partagés, les difficultés surmontées.
La sève, c’est le sperme qui exige presque douloureusement de sortir, c’est la sécrétion vaginale, c’est la montée du désir.
Les bourgeons, ce sont les érections et les gonflements des petites lèvres.
Les fleurs sont les baisers, les caresses, les orgasmes. Éphémères, elles demeurent, malgré tout, les plus beaux ornements de cet arbre.
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29.03.2008
Pauvre vieille !
Quand ma mère est morte, j’ai pensé “Pauvre Vieille !” Elle avait perdu son père à l’âge de six ans. Sa propre mère étant devenue pratiquement catatonique, c’est elle qui a élevé son frère qui avait quatre ans à l’époque et sa sœur qui en avait deux.
Elle n’est allée à l’école que pendant quelques semaines, s’est instruite elle-même mais, avec tout le reste de sa classe, a raté son Certificat d’étude avec zéro en dictée. L’examinateur venait de Provence et les enfants n’ont pas compris un traître mot de ce qu’il racontait. Zéro pour tout le monde ! Personne, enfants, parents ou enseignants n’a osé protester. Telle était à l’époque – et telle est encore – la mesquine mais impitoyable tyrannie des esprits faibles à qui l’on donne un peu d’autorité. Les millions de soldats tombés pendant la guerre de 14/18 en avaient subi l’ultime conséquence.
Elle a voulu rejoindre son père et se suicider en arrêtant de manger mais fut sauvée par la gentillesse d’une gamine de son âge.
Ce qui aurait pu se transformer en rébellion active et fructueuse fut récupéré par une religion despotique, omniprésente et oppressante. Ma mère rejeta deux prétendants sympathiques, deux frères qui lui firent la cour l’un après l’autre et qui, tous deux, réussirent fort bien dans la vie. Là encore, je blâme l’emprise d’un catholicisme qui ne permettait aucune intimité entre les jeunes. Ceux qui, sans pour cela renier leurs attaches rituelles et culturelles, avaient l’intelligence de prendre leur distance avec tous ces tabous échappaient aux frustrations, aux refoulements et aux névroses. Les autres…
Dans ces circonstances, était-il vraiment possible pour une jeune femme de tomber sincèrement et véritablement amoureuse ? Comme le héron de la fable, et après avoir rejeté la carpe et le brochet, elle se contenta d’un escargot. Mes parents ne s’aimaient pas. A la longue, une certaine affection se créa entre eux mais ma mère n’avait pas la moindre idée de ce que peut être un amour passionné, amour qu’en bonne Catholique elle avait d’ailleurs appris à mépriser totalement.
Enfant puis jeune femme ballottée par le deuil, la pauvreté et la religion, elle fut une mauvaise mère, ne sachant que juger et critiquer. Je me suis parfois cru sa cible préférée mais personne, en fait, ne trouvait grâce à ses yeux. Peu avant sa mort, et alors que je lui racontais un repas que j’avais pris au restaurant avec des amis, elle trouvait encore le moyen de désapprouver le choix du restaurant, la personnalité de mes amis, l’entrée, le plat principal, la sélection de légumes, le dessert etc… Intérieurement, j’en riais mais, plus intérieurement encore, j’en pleurais car c’est comme cela qu’elle m’avait “élevé”, trouvant toujours tout mal, inexorablement, sans pitié, sans répit.
Quelle vie gâchée ! Quand elle est morte, j’ai pensé “Pauvre Vieille !” En fin de compte, je lui ai tout pardonné car c’était une victime beaucoup plus qu’une tortionnaire. Prenant inconsciemment exemple sur elle, je suis moi-même tombé dans le travers consistant à souvent critiquer sans motif ma femme et ma fille… et maintenant j’en ai tellement honte ! Les pères (en ce cas précis les mères et les grand-mères) mangent des raisins verts et ce sont les fils et les petit-fils qui ont mal aux dents.
Et l’escargot dans tout cela ? A lui aussi, j’ai pardonné. Sa mère ne l’avait pas aimé. Il avait été élevé dans l’idée obsessionnelle qu’il faut se débrouiller pour survivre. C’est vrai, à condition que cela ne devienne pas une maladie et surtout que cela ne vous transforme pas en un irrémédiable égocentrique. Il fut veuf d’une femme qu’il avait vraiment aimée, puis prisonnier de guerre de 1940 à 45. Il s’est battu, battu, battu contre la vie mais il y a laissé son âme.
19:51 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
28.03.2008
Bonnes intentions ?
Les socialistes ont parfois de bonnes intentions mais les résultats sont à l’opposé de ce qu’ils espéraient.
On estime que, depuis l’instauration de l’impôt sur les grandes fortunes (la fameuse ISF) 2 personnes par jour quittent la France pour éviter de la payer. Ces personnes auraient, de toutes façons, payé leur impôt sur le revenu et dépensé de l’argent sur place, ce qui, en gros, aurait rapporté 14 milliards d’Euros par an à l’État. Dans son état actuel, l’ISF rapporte 4 milliards.
14 moins 4 = 10. Autrement dit, en 1981, cette décision démagogique était destinée uniquement à donner des voix aux socialistes. Résultat : une perte sèche de 10 milliards d’Euros par an pour le Trésor Public. Mais peu importe, n’est-ce pas ?
L’Espagne a bien compris cette opération de mathématique élémentaire : elle a aboli l’ISF avec la bénédiction du gouvernement socialiste de Zapatero. Au contraire de bien des chefs de file de la gauche française que nous pourrions citer, Zapatero s’est montré plus loyal envers son pays qu’envers son parti.
En France, la fausse droite de Chirac n’a pas osé faire le pas. Celle de Sarko non plus. Il faut l’admettre : les socialistes ont gagné la bataille des esprits, celle qui consiste à dire ce qu’il FAUT penser sous peine d’être diabolisé.
En Angleterre, jusque dans les années 60, les écoles primaires étaient excellentes. Il y avait un rigoureux examen d’entrée en 6ième. Ceux qui réussissaient entraient dans les meilleures écoles, appelées Grammar Schools et ceci quels que soient les revenus de leurs parents. Les autres entraient soit dans les Secondary Modern Schools, où ils recevaient un solide enseignement de base, ou encore dans les Technical Schools où ils apprenaient un métier. Si, à un moment donné, les professeurs de Secondary Modern percevaient qu’un de leurs élèves avait été mal placé, ils pouvaient demander à ce que le dossier de cet élève soit révisé pour voir s’il ne pourrait pas aller en Grammar School. Les parents et les élèves eux-mêmes pouvaient demander une telle révision. La plupart de ces changements s’effectuaient au moment du passage entre le niveau collège et le niveau lycée.
« Horreur ! Discrimination ! » hurlèrent les gauchistes de Wilson quand ils prirent le pouvoir. « Il faut que tout le monde ait les mêmes chances ». Personne n’était en désaccord avec eux sur ce principe mais, bien sûr, on avait confondu « chance » et « résultats ». A quelques exceptions près, les Grammar Schools furent détruites avec une hargne et un acharnement qui rappelait celui d’Henry VIII contre les monastères. Le résultat fut double :
1. Un nivellement par le bas. Le niveau de l’éducation publique britannique est passé de l’un des meilleurs du monde à l’un des plus bas.
2. Les gens qui en ont les moyens envoient leurs enfants dans des écoles privées ; écoles VRAIMENT privée, où les parents doivent payer absolument tout : salaires des profs, entretien des bâtiments etc. Autrement dit, la décision d’abolir les Grammar Schools a renforcé les privilèges des riches au lieu de les affaiblir.
J’ai dit que les socialistes avaient parfois de bonnes intentions ? Pour certains, peut-être mais quand on regarde les résultats de leurs décisions, on ne peut s’empêcher de détecter quelque part une intention beaucoup plus sinistre : celle d’affaiblir le pays économiquement et intellectuellement dans l’espoir d’exacerber le mécontentement et d’en profiter pour prendre le pouvoir. C’est le fameux « agitprop » (agitation + propagande) du manifeste communiste de 1918.
Les deux exemples que je viens de citer relèvent de la lutte des classes. Lutte = guerre. L’Histoire déclare un vainqueur. Sur le terrain, il n’y a ni vainqueur ni vaincu. Ou plutôt il y a deux vaincus.
08:05 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
27.03.2008
Learning how to live
Lucile Blake, quoted by Dale Carnegie : « I am ashamed to admit that I only learned how to live from the day when I thought I was going to die. »
I'll drink to that !
08:46 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.03.2008
Minceur
Nouvelle mode : on s’attaque parfois aux femmes minces car certaines d’entre elles sont, de toute évidence, trop minces. Comme disait Antony Burgess après une liaison avec un mannequin de grand couturier : « J’avais l’impression de faire l’amour avec un cadre de bicyclette ».
Le Moyen-Age aimait les femmes minces ce qui, d’après les sociologues et les historiens, indique une ère de prospérité ; prospérité toute relative d’ailleurs avec, ici et là, de grandes tragédies : les épidémies de peste, les croisades ou encore la Guerre de Cent Ans ; guerre qui, suivie des persécutions religieuses contre les Juifs, Cathares et autres « hérétiques », acheva de disloquer le Moyen-Age.
Dans un siècle prospère, on mange à sa faim, on est moins obsédé par la nourriture, on peut s’offrir le luxe d’en refuser et donc de privilégier l’élégance par rapport au besoin de survivre.
Vint ensuite, et pour longtemps, la mode des femmes bien en chair. Dans un pays pauvre, les « riches », c’est-à-dire le plus souvent ceux arrivaient simplement à manger à leur faim, étaient plus rebondis que les autres, l’embonpoint étant devenu un signe d’aisance matérielle.
Nous aimons la minceur à condition, bien entendu, de ne pas confondre mince et maigre. Ce n’est pas la même chose et il y aura toujours des excès dans un sens ou dans l’autre, nous le savons bien. Cependant, notre amour de la minceur indique que nous vivons dans une ère de prospérité. Ne gâchons pas notre plaisir.
08:47 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.03.2008
Modes alimentaires
Comble de l’absurdité commerciale : on trouve maintenant du lait concentré « allégé » !
09:44 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
24.03.2008
Comme disait ma concierge
Pauvres concierges !
On leur en prête des propos mal-ta-propos ! On parle aussi de « philosophie de garçon coiffeur ». Il est bien évident que ni les concierges ni les garçons coiffeurs n’ont le monopole des impropriétés de langage.
Dans le cas des concierges, on devrait peut-être dire “n’avaient” le monopole car elles se font rares, remplacées qu’elles sont aujourd’hui par des codes électroniques avec lesquels il est bien difficile d’entamer la bavette ou de demander pourquoi Lili ou Jean-Hervé ne répondent pas quand on sonne.
En tous cas, pour sacrifier à la convention, voici quelques remarques intitulées « Comme disait ma concierge » avec toutes mes excuses aux concierges sympa.
Il dégageait une odeur souris générique.
Je fais toujours la cuisine à l’huile d’arachnide.
L’avion fait la lavette entre Paris et Londres.
Napoléon a gagné la bataille de 20 grammes.
Mon fils a fait de brillantes études. Il est maintenant rectum de l’académie.
09:48 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
22.03.2008
Teihard de Chardin
Chacun de nous a-t-il potentiellement tous les dons ? Sommes-nous tous, à la naissance, capables d’être dentiste, architecte ou informaticien ? Abritons-nous surtout des dons plus mystérieux comme celui de guérir ou de lire dans les pensées ?
On sent confusément que c’est le cas.
Comme disait Pierre Theilhard de Chardin (en gros) : nous croyons étudier la préhistoire mais, en fait, nous SOMMES la préhistoire. L’homme complet, l’homme vraiment doué est encore à venir.
Joyeuses Pâques à tous.
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21.03.2008
DIY
A la demande de Christian Grillon, je précise que DIY veut dire : Do It Yourself. Autrement dit, ce sont des magasins de bricolage.
Je précise également que rien de ce que je décris ne m'est vraiment arrivé. J'ai simplement voulu illustrer le fait que nous nous plaignons volontiers de petites choses alors que certaines personnes souffrent de cancer, d'incontinence ou de paraplégie. Elles échangeraient volontiers leurs grosses misères contre nos petites. Désolé si je me suis mal exprimé !
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Dale Carnegie
Oubliant complètement les conseils de Dale Carnegie, et afin d’augmenter la productivité et d’améliorer les résultats, on attaque les ouvriers ou les employés de la base : ceux qui sont le moins bien payés.
En Angleterre, on s’est ainsi attaqué aux profs. Quand on vous serine que vous faites mal votre travail, vous finissez par vous comporter comme un chien qui, la queue entre les pattes, se demande d’où le prochain coup de son maître va venir. Résultat : en trois ans, le collège-lycée où j’enseignais, est passé du 17ième rang sur un tableau des 200 meilleurs établissements anglais au 85ième puis a complètement disparu de la liste des 200. Rendre les employés nerveux et craintifs n'est pas la bonne recette pour obtenir des résultats.
Pendant ce temps, les proviseurs et les inspecteurs insistaient pour imposer de nouvelles méthodes d’enseignement, méthodes qui se sont révélées désastreuses. Ils imposaient aussi des contraintes administratives, des tonnes de paperasse à remplir, des cases à cocher pour savoir si vous aviez bien atteint votre « cible » (c’était le mot à la mode), des rapports sans fin sur chaque élève et, pour couronner le tout, des réunions de travails hebdomadaires aux thèmes si obscurs que bien malin étaient ceux qui pouvaient dire de quoi on avait discuté.
On me dit qu’il en est ainsi presque partout : à La Poste, dans les centrales nucléaires, chez Peugeot-Citroën… On s’étonne après cela du nombre croissant de suicides parmi les employés. Quand on a 35 ans, que l’on se sent pris au piège dans une profession sans avenir et que l’on est traité comme un paresseux qui ne connaît pas son métier ; quand on envisage qu’il faudra encore passer trente années à subir ce genre de traitement, la mort peut sembler désirable.
J’ai eu « de la chance ». Je n’ai fait qu’une crise cardiaque qui m’a valu un quadruple pontage et une retraite anticipée. Ce que je n’avais pas voulu faire consciemment, mon corps a essayé de le faire pour moi.
Pendant ce temps, on augmente le nombre des cadres. Anxieux de justifier leur position et leur salaire, ceux-ci passent leur temps à concocter des méthodes toujours plus coercitives pour leurs « inférieurs ».
On a oublié, une fois de plus, la devise du président Truman : « Personne d’autre que moi n’est responsable de ce qui va mal ». La bonne entente, l’efficacité, la productivité, tout vient du PDG ou de ses équivalents dans d’autres professions. On a oublié aussi les conseils de Dale Carnegie sur les façons de travailler ensemble au lieu de chercher exclusivement à faire travailler les autres.
Partout où les pratiques recommandées par Dale Carnegie ont été appliquées, le personnel – de la direction aux techniciennes de surface – a été heureux et superbement efficace, écrasant la compétition et se moquant des syndicats.
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