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20.05.2008
Pouvoir de ne pas acheter
En référence à ce fameux pouvoir d’achat dont on nous rabat les oreilles, le Grillon me parle du pouvoir de ne pas acheter. Belle formule.
Comme presque tout le monde, j’aime certains aspects de notre vie moderne : l’ordinateur, l’ADSL, l’Internet, les chaînes haute-fidélité. Avec l’âge, j’ai appris l’art de ne pas me rendre malheureux à cause de ce que je n’ai pas. J’ai aussi, et ce depuis toujours, eu horreur de m’endetter.
Je n’ai pas d’écran plat. L’image de ma télé est superbe. Pourquoi en changer ? Surtout à une époque où nous sommes encore clairement à la charnière de nouvelles technologies. Ma voiture a dix ans. Elle est douce, confortable et fiable. Que demander de plus ? Mon ordinateur a quatre ans. À Noël, pour €40, j’ai augmenté sa mémoire vive de 500Mo à 1G. Vais-je me prendre la tête parce que les derniers ordis ont maintenant des RAM de 2 ou même 4G ?
Je ne suis pas radin : prudent, tout simplement et surtout extrêmement conscient du fait que le bonheur, dans la mesure où l’on est en bonne santé, où l’on ne crève pas de faim et où l’on a chaud en hiver, ne dépend pas de choses extérieures à nous-même.
« Mon pouvoir d’achat a baissé » râlait récemment une prof que je connais vaguement. « Sarkozy n’a rien fait » ; en langage clair : il n’a pas augmenté le salaire des profs. Elle s’apprêtait à partir à la neige comme on dit, et s’était récemment payé un voyage en Egypte. Aucun mal à cela, bien entendu.
Je la plains sincèrement : elle possède l’art de se rendre malheureuse et, par conséquent, le sera toujours.
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Commentaires
Bien philosophé.
On pourrait mettre avec la vague prof skieuse, revenue d'Egypte amère (et rouge ?), les malheureuses 843 familles "d'exilés fiscaux", qui, cette année sont parties en Suisse, en Belgique, en Angleterre ou aux USA, simplement pour échapper à l'impôt sur la fortune.
Ce monde est sans pitié pour les classes moyennes !
A bientôt...
Ecrit par : Crabillou | 20.05.2008
N'oublions pas que cet ISF rapporte 4 milliards mais que les taxes et impositions "normales" de ceux qui sont partis en exil rapporteraient 14 milliards. Ah, politique, quand tu nous tiens...
Ecrit par : Wolfy | 21.05.2008
Passons sur les exilés du show-biz et des Dieux du Stade qui emportent avec leur valise tout ce qui fait leur valeur.
Pour beaucoup d'autres, j'ai ouî-dire qu'il s'agirait surtout d'industriels ou d'hommes d'affaires, qui la retraite venue, voient leurs usines, leurs cabinets ou leur sociétés, qui jusque là étaient des outils de travail non soumis à l'ISF, devenir des biens, et donc y être soumis.
Plutôt que de payer l'Isf, ces gens vendent ces biens, et partent à l'étranger avec le produit de la vente.
Le nouvel acquéreur reprend les activités de l'industrie ou des sociétés, s'il fait de bonnes affaires il paiera des impôts.
Pour l'état et le trésor public, il n'y a rien de changé, et le patrimoine productif reste en place, l'économie n'est pas altérée.
La seule chose que l'on puisse regretter, c'est la sortie des capitaux partis avec le grand patriote forcé à l'exil par le fisc rapace.
Mais comme il arrive que ce soit un étranger, comme Mittal avec Arcelor, un exemple parmi d'autres, qui reprenne la société, ce sont au contraire des capitaux frais qui arrivent chez nous.
Ce n'est donc pas un grand malheur que le départ de ces gens qui en plus, s'ils vendent aussi leur appartement, offrent un toit supplémentaire aux demandeurs de logements sociaux.
Cordiales salutations.
Ecrit par : Crabillou | 23.05.2008


