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31.07.2008
Gorecky
On sait à quel point les critiques du XIX° siècle se sont moqués des Impressionnistes. On ne veut plus être accusé de commettre la même erreur. Alors on passe d'un excès à l'autre. On s'extasie devant tout, juste au cas où...
La réaction, car il y en a toujours une, ne s'est pas fait attendre. Dès le tournant du XX° siècle des étudiants ont proposé à l'admiration béate des gogos un tableau « peint » par la queue d'un âne.
D'autres ânes, sans aucun talent de peintre mais avec celui de gagner de l'argent entreprirent de jeter des seaux de peinture sur un canevas étendu sur le sol ou tendu contre un mur. Dans certains cas, ça a fort bien marché.
Devons-nous avoir si peur de dire que le roi est tout nu ?
Qui pourrait affirmer maintenant que le XVIII° siècle français était un grand siècle de poésie ? Ah oui, bien sûr, il y a André Chénier. Sans nier son talent, il est permis de se demander quelle aurait été sa renommée s'il avait vécu au XIX° siècle avec Hugo, Musset, Lamartine, Vigny, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Mallarmé... On peut donc affirmer sans broncher et sans risquer de se tromper que le XVIII° siècle n'était PAS un siècle de poésie.
Il en est de même en musique classique. Il y a assez de grands compositeurs sans que nous devions nous sentir obligés de tous les encenser.
« Vous n'aimez pas la musique moderne » m'a-t-on reproché bien des fois.
Certes, je déteste les symphonies de charnières grinçantes ou les concertos pour chats dont la queue est prise dans la portière. Ceci dit, j'aime certains moments d'Arvo Pärt, de Samuel Barber et de John Adams. Je ne déteste pas Florent Schmidt. Dans l'ensemble, pourtant, le reproche que l'on me fait de ne pas aimer la musique classique moderne semblerait justifié. Jusqu'à ce que...
Jusqu'à ce que je fasse la connaissance musicale de Gorecky. Voilà une musique outrageusement moderne ; profonde et mystérieuse dans les symphonies ; souffrante, hurlante, presque insoutenable dans les quatuors. Et pourtant, je détecte dans ce compositeur la marque du génie : l'inspiration. Il a VRAIMENT quelque chose à dire au lieu de se contenter de faire de la « recherche » pour épater le bourgeois.
Gorecky me déculpabilise et me rassure : j'aime la grande musique classique, même la très, très moderne pourvu qu'elle ait de la substance.
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21.07.2008
Style
Emma se sentit, en entrant, enveloppée par un air chaud, mélange du parfum des fleurs et du beau linge, du fumet des viandes et de l’odeur des truffes.
Ainsi commence, dans Madame Bovary le célèbre épisode du bal.
Essayons la modification suivante :
En entrant, Emma se sentit enveloppée etc…
On a l’impression que l’action s’est accélérée. L’effet produit sur le lecteur est beaucoup plus neutre : on raconte ce qui se passe, rien de plus.
Alors, en quoi la première version est-elle meilleure ?
Tout d’abord ce en entrant entouré de virgules, ralentit la lecture. Emma n’entre pas dans la salle à manger du château comme elle serait entrée dans sa propre maison. Là, elle est intimidée : elle hésite. Nous aussi. Ensuite, nous avons une répétition du son « en ». Flaubert était trop sensible à la musique des phrases pour ne pas l’avoir fait exprès. Emma se sentit, en entrant, enveloppée… La lourde sonorité des ces « en » à répétition trahit le sentiment d’angoisse ressenti par Emma au moment où elle passe du monde de la petite bourgeoisie à celui de la noblesse.
Cela s’appelle la magie du style. Tout Madame Bovary est ainsi.
Depuis quelques décennies la plupart des lecteurs ne sont plus sensibles au style. Il y a tout en éventail de raisons à cela : explosion de l’audio-visuel, méthode globale, chahut dans les collèges, profs qui sont soit dénués d’enthousiasme pour leur sujet, soit découragés par le presque illettrisme de leurs élèves, soit encore indifférents eux-mêmes à la beauté du texte.
Lira-t-on encore Flaubert dans cinquante ? Il y a déjà des profs qui le trouvent barbant… Si je puis me permettre une comparaison avec les restaurants, ils sont passés de la littérature trois étoiles à la malbouffe.
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20.07.2008
Arkansas : fin
Démobilisé à la fin de la deuxième guerre mondiale, Winthrop Rockefeller a quitté New York pour venir s’établir à Morrylton en Arkansas afin de se consacrer à sa passion pour l’élevage des taureaux.
L’Arkansas était à l’époque l’État le plus pauvre de l’Union.
Winthrop décida de faire quelque chose. Déjà à l’âge de huit ans, il avait gravé les mots suivants sur une poutre : « Même si je ne verse qu’une goutte d’eau dans l’étang, il se peut qu’elle crée des cercles qui s’étendront sur tout l’étang ».
L’exemple venait de haut : son père, John D. Rockefeller, celui qui avait l’habitude d’aller faire du vélo en France incognito, était déjà celui qui avait financé la réfection des toits du château de Versailles.
Winthrop se présenta et fut élu comme Gouverneur (c’est à dire Président) de l’État d’Arkansas. Ses priorités :
a) Encourager des industriels à venir s’installer en Arkansas. Plus de cent usines furent ainsi érigées, la plus célèbre étant Jacuzzi, que tout le monde connaît. Une firme française s’établit à Little Rock pour y construire des systèmes d’atterrissage automatiques. Maintenant, elle construit des systèmes de guidage.
b) Réformer des pratiques électorales douteuse, en particulier l’habitude qu’avaient les ouvriers et garçons de ferme illettrés de donner leur voix par procuration à leur employeur.
c) Combattre l’illettrisme en améliorant le niveau des écoles primaires.
d) Détruire le système de ségrégation. Le plus grand collège-lycée de Little Rock (plus de huit mille élèves) fut le premier établissement scolaire du Sud à accueillir des noirs.
e) Accueillir des noirs à tous les niveaux du gouvernement et de son administration.
Certain considèrent Winthrop comme une sorte de saint.
Son fils, Winthrop II fut élu Vice Gouverneur et se préparait à se présenter comme gouverneur avec l’intention de continuer l’œuvre de son père quand il fut frappé d’une leucémie foudroyante.
Le fils de Winthrop II, Winthrop III ne s’intéresse ni aux taureaux ni à la politique. Ses efforts se portent sur l’éducation au niveau universitaire avec, entre autre, la création de bourses.
La ferme des taureaux s’étendant sur mille hectares, il en a prêté la moitié à l’Université d’Arkansas pour en faire un centre culturel, avec salles d’exposition et de séminaires. Il en a fait aussi un lieu de retraite et de réflexion littéraire et scientifique où des spécialistes du monde entier peuvent venir échanger leurs idées.
Dans la région, on dit seulement « The Farm », La Ferme. Et tout le monde sait de quoi on parle. Son écusson, en bleu et blanc sur les publications et les entêtes de lettres : une goutte d’eau.
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19.07.2008
Arkansas 08 zb
Le « Razorback » sous-marin construit en 1944, lancé en 1945. Il a participé à la guerre de Corée et à neuf batailles navales contre la marine Chinoise.
Monument aux 53 sous-mariniers de l’Arkansas morts lors d’affrontements avec la marine allemande durant la seconde guerre mondiale. Nous leur devons une parcelle de notre liberté.
08:08 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.07.2008
Arkansas 08 za
La Poste centrale de Little Rock. Typique ? Non. Chaque ville choisit ses architecte. Comme en France, on aime bien se plaindre de la Poste : heures d’ouvertures trop restreintes, paquets perdus…
Côté très positif : on n'a jamais de mal pour garer sa voiture quand on va à la Poste.
À l’exception du coeur du centre-ville, il y a de la verdure et des arbres partout. On a souvent l’impression d’être en dehors de la ville alors qu’on est en plein dedans.
07:42 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.07.2008
Arkansas 08 z
Le 4x4 et les bureaux du garde-champêtre du parc national Pinnacle Mountain.
Tout le monde connaît les noms des grands parcs nationaux : Yosemite, Yellowstone (grand comme la Belgique) mais il y en a des centaines d’autres, de taille beaucoup plus modeste. Certains, comme Pinnacle Mountain, sont gratuits. D’autres sont gratuits pour la journée mais payants si on y passe la nuit en camping car ou caravane, d’autres enfin sont toujours payants à l’entrée : en général de $5 à $10 pour la journée.
Pinnacle Mountain est, en fait, un très vieux volcan éteint datant du Jurassique. Le cratère principal est maintenant un dôme (interdit d'accès aux touristes) mais l’un des petits cratères secondaires est devenu un plan d’eau.
07:51 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.07.2008
Arkansas 08 y
08:15 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
15.07.2008
Arkansas 08 x
À l’exception des très grandes villes, il n’y a plus de boutiques spécialisées dans la vente de journaux. On achète les revues dans les supermarchés ou les librairies ou bien on s’abonne. Pour les journaux proprement dits, il y a des distributeurs. On met 25¢ dans le distributeur et on prend un journal, exactement comme pour un distributeur de boissons. Certains journaux (petites annonces, immobilier etc.) sont gratuits.
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14.07.2008
Arkansas 08 w
08:37 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
13.07.2008
Arkansas 08 w
Les trams de Little Rock.
Little Rock n'a pas « redécouvert » les trams comme l'ont fait certaines villes européennes qui arborent maintenant des trams ultra-modernes. Comme à San Francisco, les trams sont restés tels qu'ils étaient jadis.
Le billet coûte $1.50 quelle que soit la distance mais il faut descendre au terminus et reprendre un billet dans le sens inverse.
09:11 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note














