« 2008-08-17 | Page d'accueil | 2008-08-19 »
18.08.2008
Goethe et Colette
« Laisse-moi, laisse-moi contempler ton visage » dit (ou plutôt chante) le "Faust" de Gounod après avoir séduit Marguerite.
Dans "Le Blé en Herbe", Philippe se demande quels changements se seront opérés chez Vinca après qu'elle ait perdu sa virginité avec lui, la veille, sur la plage, en fin d'après-midi. Il se plante devant chez elle de bonne heure et la voit ouvrir sa fenêtre. A son grand étonnement, pour ne pas dire sa déception, Vinca agit de façon tout à fait normale. Elle n'est ni triste ni angoissée ni rayonnante de joie.
Deux jours plus tôt, dans une scène presque insoutenable, Vinca, la fragile, la douce, l'élégante jeune fille a (créant ainsi un bouleversement intérieur chez Philippe) torturé un congre avec une barre de fer, s'acharnant sur le pauvre animal qui devenait le symbole d'un Philippe dont Vinca connaissait la liaison avec une femme adulte.
Quant au sang qui s'échappe du trou où s'est réfugié le congre, on peut y voir le symbole freudien du désir qu'elle a de perdre sa virginité avec ce même Philippe.
Vinca et Philippe sont devenus adultes dans la souffrance et la déception. "La meilleure façon de ne pas avoir le coeur brisé, c'est de ne pas avoir de coeur du tout" dit la mère de Charlie Sheen dans "Two and half Men".
Vinca a découvert l'infidélité masculine.
Philippe a découvert les exigences et l'intransigence féminines.
Aucun des deux n'était tel que l'autre l'avait imaginé.
Philippe avait imaginé une femme plus proche de la mentalité masculine. "Why can't a woman be more like a man ?" se lamente Higgins dans "Pygmalion".
Vinca avait imaginé un homme plus proche de la mentalité féminine.
L'homme et la femme sont comme deux rails parallèles, attirés magnétiquement l'un par l'autre mais incapables de se rencontrer.
Les femmes aimeront certainement ce proverbe Sioux : "L'homme part à la recherche de la vérité. La femme la porte en elle."
19:43 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


