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26.08.2008
Livres
L’ordinateur détruira-t-il le livre ? Comme la langue et comme beaucoup d’outil, l’ordinateur est à la fois la pire et la meilleure des choses. J’inclus le livre électronique dans le monde des ordis.
Mes étagères croulent sous les livres. Or, une fois qu’on a lu un livre, combien de fois le relit-on ? Le livre électronique résoudrait ce problème. On parle de trois mille ouvrages logeables dans une plaquette de taille A-5.
Que dire pour la défense du livre ?
Tout d’abord, le livre, pour encombrant qu’il soit, reste une sauvegarde des contenus électroniques alors que pendant longtemps c’était le contraire.
Il n’a pas besoin de source d’énergie. Cela rejoint l’histoire du petit garçon qui se précipite vers ses parents en disant : « Grand-père a un rasoir tellement moderne qu’il n’a même pas besoin d’électricité ! »
Les bibliothèques, qu’elles soient municipales ou nationales, gardent des ouvrages peu ou jamais lus mais qui peuvent se révéler utiles un jour. Pour un historien, par exemple.
Je vous livre un extrait de roman lu récemment :
Mes pièces préférées, après ma chambre, sont la bibliothèque et la cuisine. La bibliothèque est tellement lumineuse que, même par temps sombre, elle semble éclairée de l’intérieur. Malgré l’habitude que j’en ai, je ferme encore les yeux pendant quelques secondes lorsque j’y pénètre, droguée par son subtil mélange de vieux livres et d’encaustique. Dans le silence qui baigne tout le bâtiment, la bibliothèque semble encore plus silencieuse. Enfant, j’y passais des heures et, depuis peu, j’en ai repris l’habitude. J’éprouve un plaisir sensuel à laisser mes doigts glisser sur les dorures des tranches, puis à lire lentement, à haute voix, les titres au charme désuet : La Bataille de Rocroi, Meditations sur les Mystères de la Vierge Marie, Le trictrac expliqué aux débutants, La ronde des Saisons, Conseils aux jardiniers.
Qui, par exemple, a jamais entendu parler de François de Scépeaux, Sire de Vieilleville, Comte de Duretal et Maréchal de France ? Pas moi, en tous cas. J’ouvre ses Mémoires, tome trois. Imprimé en 1557. Les « s » sont écrits comme des « f ». Je parcours quelques phrases puis je me laisse prendre au charme du récit. Je souris à la description de la façon dont le maréchal a intercepté les colonnes de vivres qui approvisionnaient les Espagnols puis a distribué la nourriture à ses propres troupes.
Je n’oublie pas la présence de tous les classiques, français et étrangers en éditions de luxe, classiques qui me dispensèrent de jamais devoir emprunter un ouvrage à la bibliothèque du collège lycée Notre-Dame de Toutes Aides de Nantes où je fus pensionnaire de la sixième à la terminale. Il faut ajouter la collection des Almanachs Vermot et des Etoiles Noëlistes.
Le coin qui m’enchantait le plus dans ma jeunesse, était celui des prix. Mes parents, mes grands-parents, mes oncles et tantes avaient tous reçu de magnifiques volumes en fin d'année scolaire, en général le dernier dimanche de juin. Ça ne se fait plus. Donner des prix aux premiers de la classe traumatise les autres élèves selon les psychologues à la noix de la pensée unique. Quelle cérémonie, pourtant ! Messe solennelle, distribution des prix, repas non moins solennel et vêpres avant que nos parent puissent nous ramener à la maison pour les grandes vacances.
Il me semblait, en feuilletant ces magnifiques volumes, entendre la voix de la directrice. A Léon d’Orrieuse, premier prix d’anglais : The Prince and the Pauper de Mark Twain. A Andréa de Malmont (du côté de ma mère), premier prix d’anglais (encore ?) : Ivanhoe de Walter Scott. Il y avait des vies de Jeanne d’Arc, des Vingt-mille lieues sous les Mers, des Tours du Monde en quatre-vingt Jours et des récits d’explorateurs. Ces ouvrages étaient invariablement gigantesques, imposant et lourds. Superbement illustrés aussi en gravures sur cuivre. On y voyait des armures médiévales, des monstres marins et des jeunes filles éplorées levant les yeux au ciel. « J’attire » comme on dit par ici, c’est à dire je prends sur l’étagère une édition hors de prix du Général Dourakine (Jeanne-Eléonore d’Orrieuse, premier prix de français 1911) ou encore Don Quichote illustré par Gustave Doré et je reviens quarante ans en arrière. Je m’enchante au lisse contact sous mes doigts d’un papier qui n’a pas vieilli et je m’ennivre de sa légère odeur de savon. >
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25.08.2008
Refaire la Légende Dorée
Q : Comment aurait-on appelé l'apôtre Judas s'il avait été une femme ?
R : Judas Nana.
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23.08.2008
Economistes. Cas concret II
Deuxième exemple concret :
Quand j’ai acheté ma maison en 1977, je gagnais £9,000 par an. À cette époque, le maximum empruntable pour l’immobilier, c’était le salaire annuel. On pouvait ajouter un versement initial, bien entendu, mais on ne pouvait jamais emprunter au-delà du montant du salaire annuel. Ça marchait très bien. J’ai acheté une maison pour £9,000. Elle est payée depuis longtemps.
Quelques années plus tard, on pouvait emprunter deux fois son salaire annuel, puis trois fois, puis quatre, puis cinq…
Toute personne douée d’un minimum de bon sens, ce qui, apparemment, excluait les économistes, voyait bien que l’on courait au désastre ; ce qui se produisit en 1989.
La leçon a-t-elle porté ses fruits ? Que nenni ! On recommença de plus belle. Les banques gémissent maintenant parce que (disent-elles, et j’ai des doutes) elles perdent de l’argent. Aaaaah ! Pauvres petites !
Peut-être faudrait-il commencer par mettre les écoles de commerce, célèbres ou modestes, prestigieuses ou obscures dans les « poubelles de l’Histoire ». Les banquiers et les chefs d’entreprise ne s’en tiraient pas trop mal avant les années 80. Il est vrai qu’ils n’engageaient pas de « consultants » sortis des « grandes » écoles.
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22.08.2008
Economie. Exemple concret I
Pendant la deuxième guerre mondiale, les Américains, en étudiant la résistance acharnée des Japonais sur terre, se rendirent compte que pour conquérir le Japon tout entier, il faudrait sacrifier quatre millions de leurs soldats. Et encore… Tant que le Mikado n’aurait pas déclaré la cessation des hostilités, la résistance des civils n’aurait jamais connu de fin. Autrement dit, il était tout simplement impossible de conquérir puis d’occuper ce pays.
Entre parenthèse, le Général Rommel aurait confié à son état-major : « Si tous les Français s’étaient battus comme les cadets de Saumur, nous n’aurions jamais pu atteindre Paris ». Mais passons…
Pas question de sacrifier quatre millions de soldats pour la conquête du Japon. D’ou le fameux Manhattan Project destiné à mettre au point la bombe atomique. D’autres pays s’y intéressaient : l’Allemagne, la Russie et l’Angleterre. Le Manhattan Project avait ceci d’original qu’il coordonnait toutes les ressources du pays : financières, scientifiques, militaires et industrielles.
Pendant la crise pétrolière de 1973 j’ai émis l’opinion qu’il était urgent de mettre sur pied un second Manhattan Project pour, cette fois, concevoir des voitures qui n’auraient pas eu besoin de pétrole. Les concepts d’écologie et de pollution n’étant pas encore très développés à cette époque, j’avoue que ce n’était pas là ma principale préoccupation.
Ce qui m’inquiétait le plus, c’était de voir les pays occidentaux acheter leur pétrole à des Etats non démocratiques dont certains pouvaient sans hésitation mériter l’appellation d’Etats-voyous. Donner des dizaines de milliards de dollars à des dictatures ou des oligarchies me paraissait très dangereux. Evidemment, il m’était impossible d’envisager quelque chose comme la destruction du World Trade Center mais, comme toute personne douée d’un minimum de bon sens, je savais que si l’on donne de l’argent à un criminel, il ne s’en servira pas pour financer des jardins d’enfants.
Etait-il besoin de sortir de HEC ou de la Harvard School of Economics pour comprendre cela ? Ou bien au contraire, le fait de sortir de ces établissements prestigieux vous donne-t-il des œillères ?
Dois-je préciser que ce second Manhattan Project ne fut jamais envisagé par ceux qui auraient pu le mettre sur pied ? Lénine disait de l’Occident : « Ils ne pensent qu’au commerce : ils nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons ». Les économistes et les financiers occidentaux ont cru bon de continuer à se procurer du pétrole dans des pays qui se sont servi de notre argent pour nous attaquer.
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19.08.2008
Economistes
Citation dont j'ai oublié l'auteur : « Un économiste est quelqu'un qui vous explique pourquoi il s'est trompé. »
Certains, malgré tout, sont moins mauvais que d'autres. Turgot, au XVIII° siècle, Friedman au XX° conservent toute mon admiration.
Ce n'est pas le cas de Keynes dont les disciples ont mené la plupart des pays occidentaux au bord de la faillite à un moment ou à un autre. Les théories de Keynes sont d'autant plus pernicieuses que, du point de vue du fameux « pouvoir d'achat » , elles sont efficaces au début puis désastreuses au bout d'un certain temps. Elles ont la faveur des politiciens qui savent qu'ils ne seront au pouvoir que quelques années. Alors, « Après moi le déluge... » comme disait le Bien Aimé.
Quant aux théories de Carl Marx, ce sont 175 millions d'êtres humains (au bas mot) qui, par leurs souffrances et leur mort, en ont payé le prix.
Un prof de la Harvard School of Economics disait récemment : « Si tu ne peux pas expliquer l'économie à ta grand-mère, cela veut dire que tu ne sais pas de quoi tu parles ». Et il ajoutait : « Les grandes places financières devraient être gérées par des ménagères de 50 ans : alors, on ne serait pas dans la merde. » Il continuait en précisant que les diplômés des grandes écoles commerciales ou d'économie politique n'apprennent plus que deux choses : comment s'exprimer en un jargon que personne ne comprend (c'est l'équivalent moderne du "Et voilà pourquoi votre fille est muette") et à s'en mettre plein les poches. Ils ont complètement coupé les ponts avec léconomie, la vraie, celle des populations.
Mais peut-on quand même prédire les tendances de l'économie mondiale ?
Oui, à condition de ne pas être économiste.
Deux exemples concrets une prochaine fois.
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18.08.2008
Goethe et Colette
« Laisse-moi, laisse-moi contempler ton visage » dit (ou plutôt chante) le "Faust" de Gounod après avoir séduit Marguerite.
Dans "Le Blé en Herbe", Philippe se demande quels changements se seront opérés chez Vinca après qu'elle ait perdu sa virginité avec lui, la veille, sur la plage, en fin d'après-midi. Il se plante devant chez elle de bonne heure et la voit ouvrir sa fenêtre. A son grand étonnement, pour ne pas dire sa déception, Vinca agit de façon tout à fait normale. Elle n'est ni triste ni angoissée ni rayonnante de joie.
Deux jours plus tôt, dans une scène presque insoutenable, Vinca, la fragile, la douce, l'élégante jeune fille a (créant ainsi un bouleversement intérieur chez Philippe) torturé un congre avec une barre de fer, s'acharnant sur le pauvre animal qui devenait le symbole d'un Philippe dont Vinca connaissait la liaison avec une femme adulte.
Quant au sang qui s'échappe du trou où s'est réfugié le congre, on peut y voir le symbole freudien du désir qu'elle a de perdre sa virginité avec ce même Philippe.
Vinca et Philippe sont devenus adultes dans la souffrance et la déception. "La meilleure façon de ne pas avoir le coeur brisé, c'est de ne pas avoir de coeur du tout" dit la mère de Charlie Sheen dans "Two and half Men".
Vinca a découvert l'infidélité masculine.
Philippe a découvert les exigences et l'intransigence féminines.
Aucun des deux n'était tel que l'autre l'avait imaginé.
Philippe avait imaginé une femme plus proche de la mentalité masculine. "Why can't a woman be more like a man ?" se lamente Higgins dans "Pygmalion".
Vinca avait imaginé un homme plus proche de la mentalité féminine.
L'homme et la femme sont comme deux rails parallèles, attirés magnétiquement l'un par l'autre mais incapables de se rencontrer.
Les femmes aimeront certainement ce proverbe Sioux : "L'homme part à la recherche de la vérité. La femme la porte en elle."
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17.08.2008
Addendum à...
Comme disait ma concierge :
"Quand j'ai mal à la tête, je prends un hibou profane."
21:14 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.08.2008
Nord/Sud Epilogue
Ne jamais dire qu'en Angleterre il n'y a « QUE » 3 000 morts par an sur les routes. Quelle serait notre réaction s'il y avait 3000 morts par an et par pays dans le domaine du transport aérien ?
15:00 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
14.08.2008
Nord/Sud III
La troisième raison, et peut-être la plus importante et la plus meurtrière de cette différence de 3 000 morts sur les routes entre la France et l'Angleterre, c'est la survivance, ici et là, de la priorité à droite.
Certes, des progrès énormes ont été accomplis. Nous ne sommes plus à l'époque où il avait 16 000 morts par an et où beaucoup de gens trouvaient toutes sortes d'excuses pour ne pas mettre la ceinture. Je me souviens encore de réflexions telles que : « Pas besoin de ceinture : je m'accrocherai au tableau de bord » !
Malheureusement, la priorité à droite n'a pas complètement disparue. Dans les campagnes on dit en riant (jaune) qu'il faut trois morts pour avoir un stop. Heureusement que dans leur écrasante (sans jeu de mot) majorité, les conducteurs arrivant d'une petite route de campagne sur une départementale n'exigent pas la priorité et se comportent comme s'il y avait un stop.
Là où le problème devient crucial, c'est en ville. Certaines villes en sont encore à la priorité à droite. D'autres, poussant la perversion et l'irresponsabilité meurtrière à des sommets d'illogisme et de bêtise, ont décidé que CERTAINES rues fonctionneraient au système de priorité à droite alors que d'autres auraient droit à un stop.
Comment faire comprendre à un Hollandais, un Allemand, un Anglais, ou tout simplement à un Français venant d'une ville normale que soudain, l'artère sur laquelle il roule n'a plus la priorité ? Les maires qui décident et approuvent ces absurdités jouent à la roulette avec des vies humaines. C'est particulièrement vrai pour les 2-roues, qu'ils soient motorisés ou non. Ces maires sont des assassins.
Le Ministère des Transports possède sa part de responsabilité. Faudra-t-il un acte du Parlement pour que l'on puisse conduire dans les mêmes conditions dans n'importe quelle ville de France ? Et combien de vie aura-t-on sacrifiées entre temps dans l'indifférence générale ?
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12.08.2008
Nord/Sud II
6 000 morts sur les routes en France, 3 000 en Grande Bretagne pour le même nombre d'habitants et le même nombre de véhicules.
On accuse les Français d'indiscipline. C'est facile et, à mon avis, totalement injuste.
Alors, qu'est-ce qui crée cette différence ?
Il s'agit essentiellement, comme je l'ai déjà mentionné, d'un problème d'impunité. Pour une solide minorité de conducteurs, s'ils peuvent se comporter en gougeâts et en assassins potentiels, ils le font sans aucun état d'âme.
Comme dans toute situation complexe, il n'y a jamais qu'une seule raison d'ordre technique. Par contre, il y a DES raisons et elles sont évidentes.
1.Le problème des ronds-points. Trop de Français ont encore tendance à ne pas signaler leurs intentions dans les ronds-points. Un exemple entre des millions d'autres : l'autre jour, je tournais à gauche dans un rond-point, c'est à dire, en terme technique, que je prenais la troisième sortie. En entrant dans le rond-point, j'ai donc mis mon clignotant à gauche puis, après la deuxième sortie, je l'ai mis à droite pour indiquer que je sortais du rond-point. La voiture qui me suivait accomplissait le même trajet et n'a signalé ni à gauche ni à droite. Rien d'étonnant à cela, direz-vous : ce ne sont pas les égoïstes et les irrespponsables qui manquent en ce bas monde. Seulement voilà : à cette sortie il y avait deux gendarmes de la police de la route en grand uniforme. Ils n'ont rien fait. Ils étaient là pour la décoration ou pour passer le temps. Je ne préconise pas la verbalisation et l'amende mais un simple rappel : on arrête le fautif, on lui rappelle les principes du code de la route dans les ronds-points et on lui fait perdre 5 minutes, ce que détestent les gens pressés, surtout ceux qui n'ont rien d'important à faire. Ce serait un bon début.
2.Le non-respect des distances de sécurité. On commence timidement à en parler pour les autoroutes mais sur les petites route, n'importe quel fourgon blanc peut se permettre de vous harceler à moins d'un mètre de votre pot d'échappement tout en sachant qu'il ne risque rien des forces de l'ordre. Ce qu'il risque, c'est l'accident, bien sûr mais comme le cerveau du conducteur n'a pas évolué depuis le stage reptilien, il ne s'en rend pas compte.
Ceci ne veut pas dire que les Anglais signalent toujours dans les ronds-points ou maintiennent toujours les distances de sécurité : simplement qu'ils le font plus souvent que les Français. C'est une question de statistique.
Je réserve la description de la troisième raison pour un autre jour car elle n'a rien à voir avec la bonne ou la mauvaise volonté des conducteurs et tout à voir avec ce qu'on appelle les « pouvoirs publics ».
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