« 2008-08 | Page d'accueil | 2008-10 »
29.09.2008
Nobles professions
Conversation entendue entre un procureur de la république et un avocat dans les toilettes d'un tribunal :
Proc : On dirait que votre client va s'en tirer.
Avocat : Aucun problème. Il n'a absolument rien à se reprocher.
Proc: Il est friqué ?
Avocat : Il s'en tire bien.
Proc : On fait durer le plaisir si vous voulez.
Avocat : D'accord. Je m'arrangerai pour perdre la première manche, nous ferons appel et nous gagnerons la deuxième.
Proc : Ca me va.
10:32 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
28.09.2008
Presse populaire britannique
La meilleure des choses et la pire des choses disait Ésope en parlant de la langue.
Les Britanniques lisent beaucoup plus les journaux que les Français. Le plus fort tirage de presse, en France, est de l’ordre de 500 000 exemplaires. En Grande Bretagne, c’est 5 millions. On pense au Times, bien sûr, mais aussi au Daily Telegragh (meilleur que le Times, à mon avis), The Independant et même The Guardian (bien que ce dernier soit très politiquement tendancieux).
Sur le plan de la qualité, la grande majorité des journaux vendus chaque jour en Grande Bretagne se situe loin des titres que je viens de citer. Il s’agit de la presse populaire.
J’ai longtemps éprouvé vis à vis de cette presse un sentiment de répulsion. Son arrogance, son racisme, ses insultes, sa recherche du sensationnel, son intrusion dans la vie privée de tous ceux qui créent l’événement (et pas seulement des gens célèbres), tout cela me déplaisait profondément et me déplaît encore. Il y a, dans cette presse, une hiérarchie du mal et du ridicule. Cela va du Daily Mail, qui arrive à garder une certaine dignité et une certaine éthique, au Sun, au Mirror et au News of the World où se déchaînent les plus bas instincts de la presse populiste.
Et pourtant… et pourtant. Cette presse se fait souvent la championne des causes perdues, surtout pour les gens « sans importance », c’est à dire, en langage clair, sans argent. Une facture d’électricité totalement farfelue, se chiffrant en milliers de £ et ne correspondant en rien à la véritable consommation d’un abonné, mais pour laquelle la compagnie d’électricité refuse de transiger ; une enquête policière bâclée ; un collège ou les « grands » persécutent les petits sans que le proviseur s’en préoccupe ; une compagnie d’assurance qui refuse de payer pour des motifs oiseux et discutables…
Quand « l’homme de la rue » comme on dit (qui doit quand même bien rentrer chez lui de temps en temps) est victime d’une injustice flagrante de la part d’une administration ou d’une compagnie privée, il se tourne vers la presse populaire qui, après enquête, expose les fautifs sans prendre de gants. Ça ne marche pas toujours mais ça marche très souvent ; assez souvent pour que la menace : “je vais en parler à la presse” soit efficace dans la plupart des cas.
La meilleure et la pire des choses…
10:53 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
27.09.2008
Irresponsables
Être irresponsable, c’est ne pas voir ou ne pas vouloir considérer les conséquences de ses actes. Un récent article dans la revue Sciences & Avenir analyse les recherches scientifiques sur le sujet, notamment grâce à l’IRM. Conclusion : tout n’est pas dit à sept ans comme le clamait Piaget. Le cerveau continue à évoluer jusqu’à l’âge de 25 ans. Après aussi, mais beaucoup plus lentement.
“Mais tout le monde sait cela.” Me disait récemment une enseignante. “Pas besoin des scientifiques pour nous le dire.” Certes mais la science a l’utilité d’analyser ce que « tout le monde sait », de l’étayer et de faire entrevoir des solutions.
C’est ainsi que l’on comprend mieux maintenant pourquoi tant d’ados se sentent mous et paresseux : leur cerveau possède alors davantage de cellules qu’à n’importe quelle autre période de leur vie mais moins de synapses. Les synapses, qui sont les « ponts » entre les cellules seraient ainsi les instruments de notre logique et de la faculté consistant à comprendre les conséquences de nos actes.
Au fur et à mesure de l’accroissement du nombre de synapses, une « logique des conséquences » commence à se former.
Ne voir que les avantages ou les désavantages immédiats d’une action est un lourd handicap pour les ados. C’est le moment où beaucoup gâchent leur vie à jamais. Nous avons tous rencontré des adultes très intelligents mais qui, déraillés par une adolescence irresponsable, sont devenus des ratés (ou des « losers » comme on dit maintenant.)
D’où l’importance pour les ados de faire confiance à ceux qui ont déjà subi les conséquences néfastes de leurs propres erreurs et s’en mordent les doigts ou, au contraire, qui ont récolté les fruits d'un comportement responsable. D’ou aussi, pour les adultes, la nécessité de faire en sorte que les jeunes aient confiance en eux et songent à les imiter.
Naturellement, il s’agit là d’une analyse scientifique MOYENNE. Nous savons bien qu’il y a de jeunes ados, et même des enfants, qui possèdent déjà un sens très aigu des responsabilités. Nous savons aussi, hélas, qu’un nombre considérable d’adultes (que les sociologues estiment à un effrayant 20%) n’acquièrent jamais le sens des responsabilités.
Une chose qui me révolte, c’est l’exploitation de ces irresponsables par certaines grandes entreprises : crédit à 2% pendant six mois, abonnement à la télé par satellite gratuit pendant 3 mois, rien à payer avant l’année prochaine… Filets aux alouettes qui capturent chaque fois des milliers de victimes.
Les irresponsables sont déjà très malheureux. Le monde leur est hostile. Ils sont eux-mêmes leurs pires ennemis. Ils ne comprennent pas pourquoi rien ne marche comme il le voulaient, pourquoi les voisins se plaignent de leur comportement, pourquoi l’ignoble patron se fâche s’ils arrivent en retard au boulot, pourquoi la voiture qu’ils n’ont pas entretenue tombe en panne etc. Mais ce sont des êtres humains : doit-on, en plus, les exploiter cyniquement ?
09:44 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.09.2008
Petits pains briochés
Restons sur le sujet des petits déjeuners. Je viens de lire une statistique indiquant que la majorité des Français considèrent que le petit déjeuner est le moment le plus agréable de la journée.
Je voudrais aussi revenir sur les petits pains briochés. Dans mon enfance, j’en avais mangés d’absolument délicieux à Granville, dans la Manche. Il m’était arrivé, au hasard de conversations, de mentionner que je n’en avais jamais connus de meilleurs.
Réponse immédiate de ceux qui savent tout sur tout : “Tu deviens gaga. Tu t’imagines que tout était meilleur jadis.” On me cite Cicéron qui, un demi-siècle avant notre ère, disait déjà que les choses s’étaient bien détériorées depuis son enfance. “Ce genre de réaction n’est pas nouveau” ajoute-t-on “il est de tous les temps et de toutes les époques. On idéalise son enfance.”
Bon, d’accord. J’admets. Ma mémoire me joue des tours.
Et puis, un jour, je me retrouve à Pamplona, en Espagne. Hôtel modeste et petit déjeuner dans une intéressante salle à manger située à l’étage et d’où l’on a une vue plongeante sur la rue. Petits pains briochés.
Et voilà qu’à la première bouchée, mon enfance me revient comme une rougeur qui vous brûle les joues inopinément. Je refais, avec ce petit pain brioché l’expérience proustienne de la petite madeleine. Ce pain brioché de Pamplona, c’est exactement celui de Granville cinquante ans plus tôt. Je n’avais pas rêvé mais j’étais tombé dans le piège qui nous est tendu tous les jours par ceux qui savent toujours tout sur tout.
J’ai appris par la suite que le port de Granville avait été reconstruit sous Vauban par…des Espagnols ! Coïncidence ? Je ne crois pas.
16:29 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
22.09.2008
Un évènement sans importance
Arrivé à Prestwick en provenance de Toronto, je me retrouvai, à six heures du matin, avec plusieurs heures de flottement entre mon rendez-vous, programmé pour neuf heures, et l’avion pour Paris. À l’exception d’une tasse de mauvais café, j’avais refusé le petit déjeuner servi à bord. Mon estomac me disait qu’il était onze heures du soir et je n’avais pas faim. Cependant, à peine débarqué, l’air frais de l’Écosse me donna soudain une faim de loup. Peu enclin à faire confiance aux restaurants de l’aéroport, je pris la navette et me retrouvai au centre-ville de Glasgow un quart d’heure plus tard.
Longeant un hôtel au style victorien imposant, je vis des gens qui prenaient leur petit déjeuner dans une immense salle à manger. J’entrai et je m’assis à une table pour une personne. On me servit du café (du bon, cette fois) avec crème fleurette, petits pains briochés, petits pots de beurre, margarine et confitures. Le garçon m’indiqua le buffet et ce fut avec plaisir que je retrouvai les éléments d’un petit déjeuner britannique non seulement copieux mais franchement luxueux : vasques pleines de framboises, de fraises ou de quartiers de clémentines, œufs brouillés, œufs sur le plat, bacon, saucisses, champignons poêlés, harengs saurs, pommes de terre sautées, tomates frites et rognons à la diable. L’appétit vint en mangeant et je me levai de table dans les meilleures dispositions possibles.
Le garçon s’approcha : “Quelle chambre, Monsieur ?”
“Comment cela ?”
“Votre numéro de chambre, Monsieur.”
“Mais je n’ai pas de chambre.”
“Le petit déjeuner est réservé uniquement aux clients qui ont une chambre.”
“Désolé : je ne savais pas. Je vais vous le payer. C’est combien ?”
Le garçon se gratta la tête. “Tout cela est bien compliqué. Comment je vais expliquer ça au patron, moi ?” Je haussai les épaules.
“Bon” reprit le garçon.“ Filez discrètement et ne dites rien à personne ou je vais me faire engueuler.”
Je filai (à l’écossaise, naturellement) non sans avoir donné au garçon un excellent pourboire. Ce petit déjeuner tout à la fois énorme, délicieux et gratuit, fait partie de ces évènements sans importance dont le souvenir tient chaud au cœur et vous fait aimer la vie.
08:49 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20.09.2008
Programmes télé
Téléthon, coupe du monde de foot, coupe d’Europe, Roland Garros, Jeux Olympiques, et maintenant visite du pape, tout semble prétexte à annuler ou déranger les programmes de télévision.
Une petite partie de ce qu’on appelle la qualité de vie, c’est de pouvoir compter sur certaines choses. Dans le domaine de la télé, c’est aussi de savoir qu’une certaine catégorie de spectateurs n’imposera pas ses choix à tous les autres.
En sports, j’adore le tennis et le vélo pour la simple raison que j’en ai fait beaucoup dans ma jeunesse. De même, ceux qui ont pratiqué le foot aiment le regarder à la télé : c’est normal. Cependant, malgré mon amour du tennis, les changements de programmes décidés par ceux qui pensent que Roland Garros est plus important que les programmes ordinaires, me mettent très mal à l’aise. Je pense à tous ceux qui n’aiment pas le tennis. On pourrait élargir cet exemple à tous ceux qui n’aiment pas le foot, l’athlétisme, etc.
La solution ? Elle crève les yeux : une chaîne sans programmes fixes, une chaîne fourre-tout qui diffuserait essentiellement les événements considérés comme importants par ceux qui affichent des goûts sportifs, culturels ou religieux minoritaires. S’il n’y a vraiment rien à montrer ce jour-là, on pourrait toujours se rabattre sur des rediffusions ou des films. Élémentaire mon cher Watson…
09:47 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18.09.2008
Diagnostic
Nous l’appellerons Ursule. Elle habitait dans une résidence mobile (mobil home, en franglais) de 39 mètres carrés, confortable, facile à chauffer et équipée fort intelligemment de tous le confort ménager que l’on peut trouver dans une maison.
39 mètres carrés, c’est plus que bien des studios et même plus que bien des petits appartements. Ajoutons une terrasse qui offre pratiquement une pièce supplémentaire en été, un vaste abri de jardin qui sert de débarras et, bien sûr, le jardin lui-même : 200 mètres carrés environ.
Ursule était en mauvaise santé et avait du mal à se déplacer. Avant d’aller faire leurs courses, les voisins lui demandaient toujours si elle avait besoin de quelque chose. On venait bavarder avec elle, ce qu’elle appréciait beaucoup. Elle vivait dans une atmosphère de village où tout le monde se connaît et tout le monde s’entre aide. Pour ne pas être en reste, elle cuisinait : délicieuses tartes aux fruits de saison qu’elle partageait avec ses voisins autour d’une tasse de café.
Un jour, se trouvant plus mal qu’à l’habitude, Ursule appela son docteur pour une visite à domicile. Lorsque celui-ci arriva il leva les bras au ciel : « Mais comment pouvez-vous vivre dans un mobil home ? Pas étonnant que vous soyez malade ! Il faut absolument vous trouver un endroit plus décent pour vivre etc… etc… ». Il n’en finissait pas et, quand Ursule allait le voir, il remettait cela à chaque fois.
Comme dans la fable de La Fontaine Le Meunier, son Fils et l’Ane Ursule finit par céder. Sa maigre pension ne lui permettant pas de louer un appartement confortable, elle s’est retrouvée dans un studio de 21 mètres carrés. Pas de jardin.
Elle se sent à l’étroit et désespérément seule car personne ne vient l’aider ni bavarder avec elle. Elle dépérit.
On a envie de dire à ce docteur : « Mais de quoi je me mêle ! »
Si je me faisais l’avocat du docteur je dirais que lui aussi est une victime. Mais victime de préjugés inculqués en lui depuis l’enfance.
14:55 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
17.09.2008
"Ma" vérité
Claude Allègre vient de publier « Ma Vérité sur la Planète ». J’ai beaucoup de respect pour cet homme que l’on pourrait surnommer : le moins sectaire des socialistes. L’expression « Dégraisser le Mammouth » lui a coûté son poste de ministre. Il pensait, entre autres, aux 8000 enseignants qui n’enseignent jamais car ils sont trop « pris » par leurs activités syndicales.
Là où je ne suis plus d’accord avec lui, c’est dans le choix de l’expression « Ma vérité… ». Mettre un adjectif possessif devant le mot « vérité » est une corruption linguistique de soixante-huitard. On peut dire « mon » opinion, « mes » croyances ou encore « la façon dont je vois les choses » mais on ne peut pas davantage édulcorer la vérité qu’on ne peut édulcorer le fait que 2 et 2 fassent 4.
Que LA vérité, toute la vérité, rien que la vérité soit un idéal difficile – sinon impossible – à atteindre, personne n’en disconviendra mais ce n’est pas une raison pour se l’approprier. Elle demeure en dehors de nous-mêmes. C’est un but (pour les gens honnêtes) et un idéal mais jamais une caractéristique psychologique, éducationnelle ou environnementale que l’on peut adapter à toutes les sauces.
07:42 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
01.09.2008
Offre d'emploi
Recherchons : sadique diplômé pour plier des cartes routières afin qu'elles soient toujours à l'envers quand on les ouvre. Expérience indispensable.
16:11 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


