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25/04/2010

Ultime Dégringolade

 Je viens de terminer « Ultime dégringolade » de Maryse Maligne, roman édité aux Editions Bordessoules. C'est un récit exceptionnel. Le style est clair. Il vous emporte dès le début. L'intrigue se suit bien : on n'est jamais perdu. Il y a chez l'auteur une franchise et une liberté d'expression très attachantes. Sans tomber dans la vulgarité, elle appelle un chat un chat et ne se réfugie jamais dans des périphrases pudiques ou timides.

Le thème d'une conspiration au niveau gouvernemental, en l'occurrence la CIA, crée une atmosphère lourde, angoissante et violente. Comme les personnages, le lecteur se sent pris au piège : c'est une sorte de « Mort aux Trousses » en beaucoup plus dur et impitoyable. Malgré cela, Maryse Maligne ne se complaît pas dans l'horreur ou la bassesse : l'horreur et la bassesse arrivent tout naturellement dans le récit, comme, d'ailleurs, elle se manifestent dans la vie quotidienne de n'importe quel pays. Je pense, au hasard, à ce jeune Juif torturé pendant trois semaines par des voyous de banlieue parisienne ou à ces chiens et chats de la Réunion accrochés par la gueule et utilisés comme appâts pour la pêche aux requins. « Ultime Dégringolade » nous rappelle à quel point la nature humaine (c'est à dire la nôtre) peut être facilement orientée vers une banalisation de la cruauté.

A lire, le soir, après avoir fermé la porte à clef...

 

17/04/2010

Anglo-Saxons

C’est Charles de Gaulle qui employait cette expression pour irriter ses alliés pendant la deuxième guerre mondiale.

Les Angles et les Saxons avaient tour à tour envahi ce que les Romains appelaient Britania. C’étaient des Germains. Ce que nous appelons les Allemands n’étaient, au départ, qu’une ethnie germanique parmi d’autres. En employant l’expression « Anglo-Saxons », de Gaulle rappelait aux Britanniques leurs origines germaniques. Il oubliait que les Francs, qui sont devenus les Français, étaient aussi d’origine germanique. Goths, Visigoths, Ostrogoths et Vandales, autres ethnies germaniques, sont aussi passés par la France et y ont laissé des traces génétiques et linguistiques.

Dans ce qui est maintenant la Grande Bretagne, les Angles et les Saxons ont trouvé une population essentiellement celtique fortement influencée par les Romains. Angles et Saxons n’ont d’ailleurs jamais envahi tout le pays : les Angles se sont cantonnés dans les départements de Suffolk et Norfolk. Les Saxons en Essex, Kent, East Sussex, West Sussex, Surrey et Hampshire. Neuf départements sur la trentaine que compte la Grande Bretagne : c’est bien peu !

Et ailleurs ? Eh bien, il y a eu les Danois dans le Yorkshire. Le reste du pays est resté celtique avec les variations que cela comporte : Gallois, Cornouaillais, Écossais et autres… jusqu’à l’arrivée des Normands qui, à l’époque de leur invasion, avaient perdu leur langue (le danois) et étaient devenus plus français que les Français. Ils firent de l’Angleterre un pays francophone pendant 300 ans, apportèrent leurs lois, le cadastre et les merveilleuses architectures romanes et gothiques (terme qui n’a rien à voir avec les Goths : au 17ième siècle, « gothique » était une insulte).

Alors, comment devrait-on appeler nos amis d’outre-Manche ? Celto-Romano-Anglo-Saxo-Danois-Français ?

Si, pour de Gaulle, le terme « Anglo-Saxon » avait des relents d’insulte, c’est encore ainsi que l’emploient la plupart des journalistes. Il y a, dans cette expression un demi-ton de mépris et de méfiance. Il est grand temps de s’en débarrasser.

De nos jours, appeler « Anglo-Saxon » un habitant de Doncaster ou de Newcastle est une idiotie qui révèle surtout la personnalité douteuse et venimeuse de celui qui l’emploie. Lorsque ce terme est lancé au visage d’un Américain, un Canadien, un Australien ou un Néo-Zélandais, on atteint des sommets d’absurdité.

Il est temps de faire amende honorable et d’employer le terme correct de britanniques pour les habitants de Grande-Bretagne et anglophones pour ceux qui, à travers le monde, se réclament de cette civilisation.

12/04/2010

Dale Carnegie

Dale Carnegie n’a pas bonne presse en France. Pourquoi ?

La première raison, me semble-t-il, c’est qu’il était américain. Les Français souffrent d’un incurable sentiment de supériorité envers les Américains. Il est vrai que depuis une soixantaine d’année au moins, la presse écrite, la radio puis la télé ne parlent que ce qui va mal aux Etats-Unis. Si, dans un pays de 300 millions d’habitants grand comme 14 fois la France, on recherche des cas de comportements bizarres ou dangereux, on n’aura aucune difficulté à en trouver. Même chose si l’on recherche systématiquement les problèmes de politique étrangère ou de société. Pendant ce temps, les Américains, dans leur immense majorité, centrent leur vie d’honnêtes citoyens autour de leur famille, leur maison et leur boulot (sans oublier le chien). De plus, cette majorité d’Américains est d’origine européenne. Si vos ancêtres ont quitté les régimes totalitaires des 18ième et 19ième siècles pour aller fonder ou rejoindre une république, cela fait-il de leurs descendant des personnes intellectuellement inférieures ?

La deuxième raison pour laquelle Dale Carnegie n’a pas la cote, c’est qu’il emploie un langage simple. Inventeur de la psychologie appliquée, il vous épargne les termes tels que « transfères », « complexe d’Oedipe », « ego », « surmoi », « inconscient », « subconscient ». Si cela ne vous suffit pas, parcourez les traités de psycho destinés aux universitaires : vous serez vacciné pour le restant de votre vie. Le titre de l’ouvrage de Dale Carnegie, paru en 1936, fait crouler de rire les psychologues « sérieux » : “Comment se faire des Amis.” Ces mêmes psychologues « sérieux » passent sous silence le fait que les centaines d’ouvrages parus depuis sur la façon d’améliorer notre vie et nos rapports avec les autres, s’inspirent tous directement de “Comment se faire des Amis.”

“Et voilà pourquoi votre fille est muette” dit Sganarelle après avoir ébloui le père de sa patiente avec une longue tirade de latin de cuisine. Faut-il donc être obscur pour être pris au sérieux ?

Laissez-moi vous soumettre un exemple plus récent : À cet endroit, désigné dans l’Histoire par des hommes tels que Bacon et Descartes, j’entends ce qui éclipse la raison d’être en tant que faux rapport entre vérité et connaissance, nous trouvons un déclin révélant cela même qu’il isole, à la fois comme désir et comme encouragement du sujet.

Une étoile d’or au tableau d’honneur de la classe à qui en dénichera l’auteur.

Dale Carnegie est un pionnier. En fait, c’est LE pionnier de la psychologie appliquée et ça, apparemment, c’est déjà impardonnable. Ce qui l’est encore plus, c’est qu’en dépit de toutes les imitations qui ont été publiées depuis, on n’a jamais réussi à faire mieux.

 
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