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10/04/2010

Résurection

Osiris, tué par sa propre famille (comme, plus tard, dans une autre mythologie, Abel par Caïn) fut « raccommodé » par Isis et ressuscita. Abel eut moins de chance.

Jésus est ressuscité, comme on le « sait ». Sous la pression de l’empereur Constantin, il fut ensuite déifié par un  vote à la majorité des évêques au premier concile de Nicée

Le Prêtre Jean, que les légendes placent soit au Sahel soit en Inde, n’a pas eu besoin de ressusciter car il n’est jamais mort. Certains attendent encore son retour.

La nuit des temps est peuplée de fantômes. Le besoin de croire à une forme ou une autre de résurrection ou de pérennité doit se cacher dans les gènes de toutes les sociétés. Quelle est la signification profonde de ces croyances ?

Au cinquième siècle avant notre calendrier, Siddhârta Gautama, autrement dit Sakyamuni (c’est à dire le sage de la tribu des Sakya), autrement dit Le Bouddha, avait senti le danger en suppliant ses disciples de ne pas le déifier et, par voie de conséquence de ne pas l’immortaliser. Avec lui, le monde avait fait un pas de géant vers la maturité mentale.

Notre époque, par contre, fait parfois des pas en arrière vers l’infantilisme car Elvis Priestley et Michael Jackson ne sont pas morts (Comment…vous ne saviez pas ?).

09/04/2010

"Sur la plage abandonnée..."

« Sur la plage abandonnée… »

 

Je suis peut-être un peu bizarre (mes amis me demanderont de barrer le « peut-être ») mais j’adore les stations balnéaires en hiver. Le grand air froid de l’océan a balayé les odeurs de praline, barbapapa, oignon frit et guimauve. On respire « propre ». Les rues désertes, sont bordées de sable envolé de la plage lors des tempêtes. Le vent ulule dans les fils électriques et téléphoniques. Les boutiques jaunes et jaunâtres annonçant gaufres et crêpes alignent de guingois leur vulgarité agressive ; les tréteaux publicitaires s’abritent dans les embrasures des magasins. Les enseignes pendouillent en grinçant sur la rouille de leurs charnières.

Derrière, dans les petites rues, s’alignent les résidences secondaires aux volets soigneusement clos.

Des fantômes diurnes évoluent dans ce décor de théâtre. J’essaie de faire abstraction des suant suceurs de cornets de glace ou des grosses dondons qui bloquent le trottoir en essayant une casquette à la visière transparente. Je préfère le souvenir des jolies filles en bikini.

Nous savons bien que tout est éphémère. Ce monde qui semble construit en carton-pâte, cette ville abandonnée aux vents glacés de l’hiver, ce squelette d’un monde temporairement disparu, tout dégage une poignante mélancolie. Je me surprends à fredonner la chanson : « Sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés… »

23/03/2010

Prêtres pédophiles

On parle beaucoup de la pédophilie des prêtres en ce moment et, vu l’étendue du problème, on a raison d’en parler.

Je m’empresse de préciser que j’ai été élevé par des Frères puis des prêtres et que ni moi ni (à ma connaissance) mes petits camarades n’ont eu à subir ce genre de traitement. Comment aurais-je réagi ? Difficile, en tant qu’adultes, de nous remettre dans la mentalité des enfants que nous étions. Je me souviens tout de même d’avoir été accosté sur une plage par un homme encore jeune qui voulait me tailler une pipe. Je l’ai remis à sa place avec un calme qui me surprend encore.

Ceux qui ont fait la guerre disent toujours : tant qu’on n’est pas soi-même allé en guerre, on ne peut pas savoir comment on réagirait. Il n’est pas rare, précisent-ils, de voir les matamores chier dans leur froc alors que le gringalet qui était instit ou clerc de notaire fait preuve d’un sang-froid et d’un courage admirable. Tout ce que je peux imaginer si un prêtre m’avait abordé sexuellement, c’est que j’aurais éprouvé un immense dégoût. S’il s’était agi de sodomie j’aurais certainement hurlé comme un putois puis je serais allé tout raconter à mes parents et ça aurait « bardé » comme on dit.

Là, j’ouvre une parenthèse. Prisonnier de guerre en Allemagne, mon père avait été mis avec des prisonniers de droit commun qui l’avaient régulièrement violé. À la seule mention du mot « sodomie », il voyait rouge et, petit homme râblé et musclé ayant pratiqué la boxe dans sa jeunesse, il serait certainement allé casser la gueule à toute personne, prêtre ou non, qui m’aurait violé, et cela sans s’inquiéter des conséquences.

D’après les révélations qui, depuis une vingtaine d’année, déchirent le secret institutionnel, la sodomie pratiquée par des prêtres sur des enfants reste rare. Les caresses et les exigences de masturbation ou de fellation réciproque sont, par contre, beaucoup plus fréquentes. Cet immense dégoût que je mentionnais plus haut aurait été, il me semble, déclanché surtout par le manque d’hygiène de ces prêtres. En effet, ils étaient sales. Ils sentaient la crasse, la sueur et même la pisse. C’est peut-être cela qui m’aurait sauvé.

Le jésuitisme ou, si l’on veut la casuistique, consiste à faire accepter l’inacceptable. L’argument selon lequel il n’y a pas que les prêtres qui s’adonnent à la pédophilie est avancé de plus en plus fréquemment par les défenseurs de l’église. C’est vrai, bien sûr. Rien de plus pernicieux, cependant, qu’un argument qui contient une partie de vérité mais en cache soigneusement une autre. Cette autre partie, c’est que les prêtres tonnent et vocifèrent contre tout ce qui est sexuel. Ils se retrouvent dans la position d’un voleur qui condamnerait rondement le vol. On peut « accepter » le fait qu’un être vil, irresponsable, brutal et égoïste soit tenté par la pédophilie. On ne peut et on ne doit pas l’accepter de la part de ceux qui nous font la morale.

Autre argument qui sent le jésuitisme à plein nez : les prêtres ont fait vœu de célibat, pas de chasteté ! On croirait entendre l’un de ces avocats pourris qui défendent les pires criminels.

N’est-il pas temps, en effet, de permettre aux prêtres de se marier ?

Argument avancé par les tenants du statu quo : il y a des gens mariés qui sont également pédophiles. Là encore, c’est vrai. Là encore, l’argument est perverti par le fait que les gens mariés pédophiles sont beaucoup plus rares que les célibataires pédophiles et surtout ne sont pas ceux qui se disent nos guides en matière d’éthique.

Autre argument anti-mariage : le mariage des prêtres ne résoudrait pas complètement le problème. Encore un argument pervers. Depuis quand une mesure doit-elle être efficace à 100% pour être adoptée ? Si un médicament guérit 80% de ceux qui souffrent de telle ou telle maladie, doit-on le mettre à la poubelle à cause des 20% qui ne sont pas guéris ?

Mais d’abord d’ou vient cette aberration qui consiste à rendre le célibat des prêtres obligatoire ?

Jusqu’à une époque assez récente, on disait que c’était pour que le prêtre puisse se consacrer entièrement à son épiscopat. Cela implique avec une arrogance abyssale que le clergé protestant, orthodoxe ou maronite ne fait pas bien son boulot.

Récemment, on entend un nouvel argument : c’est pour éviter les dynasties de prêtres ou d’évêques de père en fils. Et alors ? Si l’ordination du prêtre est faite dans les règles et si le choix est objectif où est le mal ? Les cas de pasteurs protestants dont les fils deviennent à leur tour pasteurs ne sont pas rares et je ne pense pas que cela ait ébranlé leur église sur ses fondements. Les papas médecins transmettent souvent la vocation de la médecine à leurs enfants, les musiciens aussi et c’est le cas dans bien d’autres professions.

“Qui veut faire l’ange fait la bête” disait Pascal. Quand, par des règlements absurdes qui frisent le sadisme, on exige des prêtres qu’ils soient des anges, ne nous étonnons pas si certains d’entre eux se comportent comme des bêtes.

 
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